Bernard Dargols 2nd Infantry Division US

1938, Il a alors 18 ans. "L’Amérique, c’était un rêve qui me tombait sur la tête",  "J’étais épaté par la largeur des rues, la hauteur des gratte-ciels !".
Mais "l’american dream" est vite assombri par les effluves de la guerre. À des milliers de kilomètres de ses proches, le Français assiste, impuissant, à la défaite française et s’inquiète de plus en plus pour sa famille d’origine juive : "À l’époque, le seul moyen de voir des images d’actualité, c’était d’aller au cinéma. Et qu’est-ce que je vois à l’écran ? Pétain en train de serrer la main à Hitler à Montoire et qui préconise une politique de collaboration avec l’Allemagne. Je me suis alors dit que jamais je ne combattrai avec l’armée de Pétain". 
Bien décidé à se battre pour libérer son pays, Bernard Dargols frappe dans un premier temps à la porte des Forces Françaises Libres du général de Gaulle, puis à celle du consulat britannique à New York. Alors que les mois passent dans l’angoisse, ces camarades de travail lui conseillent de s’engager avec l’armée américaine : "J’ai attendu très peu de temps car le 7 décembre 1941, les Japonais ont attaqué l’Amérique, faisant des milliers de victimes. La guerre a alors été déclarée. J’ai été au bureau d’inscription locale et on m’a dit qu’on allait m’appeler. Au bout d’un an, ce fut effectivement le cas". L'enfant de la place des Vosges intègre alors un camp d’entraînement de l’US Army à Fort-Dix dans le New Jersey puis à Croft en Caroline du Sud. Pendant plusieurs mois, il apprend le B.A.-BA de la vie militaire : "Apprendre à marcher en rang, faire des demi-tours ou encore mettre l’uniforme".

Omaha Beach

Le 5 juin, l’attente se termine enfin. Bernard Dargols prend place dans un Liberty ship (bateau de la liberté) au milieu de centaines de soldats de la 2e division d’infanterie américaine. Au bout de trois jours, l’armada arrive enfin en vue des côtes françaises. Presque six ans après l'avoir quittée, il s’apprête à fouler de nouveau sa terre natale à Omaha Beach. "À cent mètres de la plage, alors que la mer était mauvaise, on nous a fait descendre par une échelle de corde dans une barge de débarquement", se souvient l’ancien GI avec toujours la même intensité. "Nous avons débarqué au milieu d’un bombardement que je n’oublierai jamais. Il provenait des navires de guerre alliés, surtout américains, qui tiraient au-dessus de nos têtes. Ils faisaient des victimes parmi la population française, détruisaient des immeubles, mais tout cela dans le but de nous permettre de débarquer plus facilement en France".
Endroit ou a débraqué monsieur Dargols.Rue Bernard Dargols, Omaha Beach. Le Ruquet
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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