Troupes d' élite

13/01/2013 17:19

LA 101 ème AIRBORNE

 

La 101e division américaine, fût créée en novembre 1918 pendant la Première Guerre mondiale mais elle n'y participera pas. Il s'agissait alors d'une unité de mobilisation. En juin 1921, la 101e division d’infanterie était composée essentiellement d’appelés pour le service fédéral et placée en unité de réserve. Après guerre, elle devint une division de la Garde nationale des États-Unis. Le 16 août 1942, elle devient une unité aéroportée.

En 1942, cette division devient aéroportée et est constituée des 502e régiment d'infanterie parachutée (502nd Parachute Infantry Regiment ou 502nd PIR) et 327e et 401e régiment aéroporté (Glider Infantry Regiment) - équipés de planeurs. Elle est rattachée, encore de nos jours, au XVIIIe corps aéroporté américain.À la mi-août 1943, elle reçoit l'ordre de s'installer en Grande-Bretagne et se voit renforcée des 501e et 506e régiments d'infanterie parachutée. Le 5 février 1944, la 101e AB perd son commandant en chef, le général Lee, qui est victime d’une attaque cardiaque et sera remplacé le 14 mars 1944 par le Brigadier-général Maxwell D.Taylor, ancien commandant en chef de l’artillerie divisionnaire de la 82e AB.

101 ème Airborne :La Easy Company

 

La 101éme Airborne en Normandie

 

Des éclaireurs (Pathfinders) de la 82e et de la 101e divisions aéroportées, équipés de balise radio et de radio de communications, partent de la base aérienne RAF North Witham le soir du 5 juin 1944, chargés de trouver les meilleurs endroits sur lesquels sauter, pour les indiquer au reste de leur division le 6 juin 1944 qui doit être larguée en arrière d'une des plages de débarquement américaine, Utah Beach. La division a pour mission de prendre le contrôle des routes menant de la côte à Pouppeville ainsi que des ponts situés sur la Douve et le canal de Carentan pour permettre la sortie des plages d'Utah Beach des troupes et véhicules qui y seront débarqués le matin du 6 juin. Mais malgré les éclaireurs, lors du parachutage, la division est dispersée sur une zone de 40 km de long. Elle perd 1 500 hommes tués ou faits prisonniers. Le 6 juin au matin, la division perd également son premier officier supérieur, le Brigadier général Donald F.Pratt, commandant en second de la division est tué sur le coup lors du crash de son planeur (le Fighting Falcon près de Hiesville).

Beaucoup aussi se noient dans les marais et nombreuses zones inondées environnantes. Néanmoins, elle arrive à tenir plusieurs de leurs objectifs et dès l'après-midi du 6, la jonction était assurée avec la 4e division d'infanterie américaine débarquée à Utah Beach. Cette division est la sœur jumelle de la 82e division aéroportée.

Partant de divers aérodromes du sud-ouest de l'Angleterre, les itinéraires aériens se rejoignent avant de survoler la mer ; ils traversent le Cotentin d'ouest en est. Quelque 800 Dakota, escortés par des Mosquito, larguent, entre 1 h 0 et 3 h 0, 13 200 hommes et leur matériel.

Les 6 800 parachutistes de la 101e airborne arrivent en premier, à bord de 432 C47. C'est une nuit de pleine lune mais le temps est couvert sur la Normandie (8/10 de nébulosité). La Flak (artillerie antiaérienne allemande) entre en action. Toutes les DZ n'ont pas pu être éclairées à temps. De nombreux pilotes manquent d'expérience et seuls les avions leaders, soit un sur neuf, sont équipés du système de détection des balises. Dans ces conditions, beaucoup ne parviennent pas à garder le contact avec leur chef de formation et les parachutages se font de manière approximative. Certains hommes sont même largués à plus de 20 km de leur DZ.

Peu après leur arrivée au sol, les officiers se rendent compte de l'impossibilité de regrouper leurs unités. En conséquence, des groupes hétéroclites, avec parfois des hommes des deux divisions, se forment autour des gradés. Les groupes qui se croisent s'assemblent. Ce sont finalement des colonnes de 50 à 200 hommes qui menées par un colonel ou un commandant de bataillon vont se charger d'exécuter les missions prévues. Des petits groupes isolés coupent les fils téléphoniques, réalisent des coups de main aux endroits où ils se trouvent et créent ainsi la confusion et l'insécurité chez les Allemands.

Une colonne menée par le lieutenant-colonel Ewell (3/501 PIR) mais aussi comptant dans ses rangs les généraux Taylor et McAuliffe s'empare de la sortie 1 (Poupeville). Le lieutenant-colonel Strayer (1/506 PIR) regroupe quelque 400 hommes et, après de durs combats, défend la sortie 2. Le lieutenant-colonel Cole (3/502 PIR) avec 120 hommes finit par contrôler les sorties 3 et 4. Les débouchés de Utah Beach sont ainsi assurés. Des Allemands seront pris au piège, coincés entre les parachutistes et les troupes débarquées. Le contact avec ces dernières est réalisé vers 13 heures.

Soldat 101 ème Airborne à Bastogne

 

La batterie de Saint-Martin-de-Varreville a été détruite par les bombardements mais des parachutistes occupent la position. Le lieutenant-colonel Cassidy (1/502 PIR) rassemble plusieurs hommes et assure la défense face au nord.

Le commandant du 1/501 PIR est tué peu après son atterrissage. Le patron du régiment, le colonel Johnson, avec quelques hommes, s'empare facilement de l'écluse de la Barquette qui n'est pas gardée. Il fait alors chercher des renforts et organise la position vers le sud. Toute la journée du 6, les Allemands mènent plusieurs attaques mais les parachutistes tiennent bon.

Les ponts sur le Merderet de La Fière et Chef-du-Pont tombent dans les mains des paras en fin de matinée. Le général Gavin lui-même a mené une attaque pour reprendre celui de Chef-au-Pont que les Allemands avaient repris. Le lieutenant-colonel Krause (3/505) s'empare de Sainte-Mère-Église dès 4h30 mais devra faire face ensuite à des attaques allemandes. Le lieutenant-colonel Vandervoort (2/505) dont le rôle sera tenu par John Wayne dans le film Le jour le plus long, se démène comme un diable. La cheville fracturée lors d'un saut près de Sainte-Mère-Église et, transporté sur une remorque à munitions, il appuie d'abord la défense de Sainte-Mère-Église et assure ensuite la protection au nord face à la direction de Cherbourg.

Les hommes du 507 PIR sont extrêmement dispersés. Une dizaine de sticks ont atterri à 8 km au sud-est de Carentan ! D'autres sont tombés dans les marais près de la DZ et se regroupent automatiquement en rejoignant le talus de la voie ferrée. En piteux état et à court de munitions, ils ne seront pas en mesure d'assurer leurs missions à l'ouest du Merderet. Le 508 PIR, aussi éparpillé, ne peut s'emparer de Pont-l'Abbé tenu en force par les Allemands ; seul un point d'appui à l'ouest du Merderet peut être tenu. Le général allemand Falley qui commande la 91e division est tué dans une embuscade tendue par un groupe de six paras. Trois divisions allemandes tiennent le Cotentin : la 243e à l'ouest, la 709e à l'est et la 91e, en réserve, au centre. La 709e, avec des hommes âgés et des volontaires de l'Est est de médiocre qualité. La 91e, par contre, avec son noyau d'anciens paras, est excellente mais l'absence de son chef ralentir a ses réactions.

 

La 101 ème Airborne à Bastogne

Le 19 décembre 1944, suite à l'offensive allemande dans les Ardennes belges, la division est déployée à Bastogne. En l'absence du général Taylor, le commandement est assuré par le général Anthony McAuliffe. Encerclée, la division soutiendra le siège tant bien que mal dans les conditions les plus terribles : manque de nourriture, de vêtements chauds, de munitions jusqu’à la percée de la 3e division blindée américaine, sous les ordres du général Patton, le 26 décembre à 16h45. Pendant le siège, invité par les Allemands à capituler, le général McAuliffe leur répondra le célèbre « nuts !» (« des clous ! »).

La 101 ème Airborne en 1945

En février, la division occupe une position défensive à Haguenau, en Alsace sur les rives de la Moder. En avril, elle est envoyée pour combattre les derniers fidèles d'Hitler à proximité de la ville de Berchtesgaden dans les Alpes bavaroises. Elle y capture différents membres et militaires du parti Nazi. Le 30 novembre, elle est démobilisée à Auxerre et versée dans la réserve.

La division a reçu deux citations présidentielles pour sa bravoure. Elle a subi des pertes assez lourdes pendant le conflit : 1 766 tués et 6 388 blessés au combat, 324 morts de leur blessures.

 

 

 

 

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LA 82 ème AIRBORNE

 

À l’origine, il s’agissait d’une division d’infanterie. La 82e division d’infanterie - 82nd Infantry Division - fut constituée en août 1917 à Camp Gordon (Géorgie), avec des hommes provenant de tous les États, d’où le surnom « All-Americans ». Elle entra en campagne en France en 1918 où elle eut 1 298 tués au combat et 6 248 blessés. Elle fut dissoute après-guerre.

Le 25 mars 1942, l’unité est reconstituée en Louisiane comme division d’infanterie sous le commandement d’Omar Bradley. En août 1942, ce dernier, désigné pour une autre fonction, est remplacé par le brigadier général Matthew B. Ridgway.

La division est réorganisée et devient alors la première division aéroportée américaine. Le 15 août, elle prend le nom de 82nd Airborne Division. En octobre 1942, elle s’installe à Fort Bragg (Caroline du Nord). En octobre de la même année, le 504e régiment d'infanterie parachutiste est intégré à la 82e puis c'est au tour du 505e parachutiste et du 325e régiment d'infanterie transporté par planeur.Encore de nos jours, la division est rattachée au XVIIIe corps aéroporté américain.

 

Le 10 mai 1943, la division qui se trouvait jusqu'alors en Nouvelle Angleterre débarque à Casablanca (Maroc) et rejoint, par train et camion, la Tunisie. C'est de la ville de Kairouan, située au sud de Tunis, que la 82e s'élancera pour son premier saut de combat : l'invasion de la Sicile.

Le 9 juillet 1943, le 505e régiment de la division, sous les ordres du colonel Gavin, et le 11, le 504e sont parachutés près de Gela dans le cadre de l'Opération Husky (débarquement en Sicile). Le 505e voit 10 % de ses avions de transport abattus suite à des feux amis par les canonniers de l'US Navy qui les ont pris pour des appareils ennemis. À cause de mauvaises références visuelles et des vents dépassant les 50 km/h, deux bataillons atterrissent à plus de 50 km de la zone prévue et le troisième à plus de 80 km. Malgré cette piètre performance, les parachutistes ont réussi à ralentir les unités allemandes et ont donné le temps aux forces venant par mer de prendre pied sur la plage de débarquement. En septembre 1943, 2 500 hommes de la division, sous les ordres du colonel Gavin, sautent de nuit dans le golfe de Salerne dans le cadre de l’opération Avalanche.Le 1er octobre 1943, la division entre à Naples.

 

La 82 ème Airborne en Normandie

En avril 1944, la division est transportée en Angleterre en vue de l’opération Overlord. Elle est alors constituée des 505e, 507e et 508e régiment d’infanterie parachutée (Parachute Infantry Regiment) - ainsi que la 504e qui se reconstituait après ses pertes en Italie — 325e régiments aéroportés (Glider Infantry Régiment), de trois bataillons d’artillerie de campagne et d’un bataillon d’artillerie antiaérienne.

Avec la 101e division aéroportée, elle saute sur le flanc ouest de la zone de débarquement. Un détachement de l’unité s’empare de Sainte-Mère-Église dans la nuit du 5 au 6 juin 1944.

Les éclaireurs (pathfinders) de la 82e divisions aéroportées fut les premiées soldat allier a atteindre le sol de la france, équipés de balises radio et de moyens de communication, étaient partis de RAF North Witham le soir du 5 juin 1944, pour baliser les zones sur lesquelles devaient etre parachutée le gros des troupes.

 

La 82 ème Airborne dans les ardennes

Du 16 décembre 1944 à fin janvier 1945 : En réserve dans la région de Reims, la division est dirigée vers les Ardennes belges et engagée dans la région de Stavelot. Elle participe aux combats de La Gleize et de Stoumont.

Des soldats de la 82 ème Airborne en route vers la Belgique

 

La 82 ème Airborne en allemagne

Du 16 décembre 1944 à fin janvier 1945 : En réserve dans la région de Reims, la division est dirigée vers les Ardennes belges et engagée dans la région de Stavelot. Elle participe aux combats de La Gleize et de Stoumont.

En février 1945, elle combat dans la Ruhr puis rentre en France pour reconstitution.

En avril 1945, elle est sur l’Elbe en Allemagne et opère la jonction avec l’Armée rouge.

Début mai 1945, elle libère le camp de Neuengamme et la plupart de ces kommandos.

Après la capitulation allemande du 8 mai 1945, elle est envoyée à Berlin.

Durant cette campagne, elle déplora 1 619 tués au combat, 6 560 blessés et 332 morts de leurs blessures

 

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LA 6 TH AIRBORNE DIVISION

La 6e division aéroportée britannique ou 6th Airborne Division de l'armée britannique a été créée en mai 1943 pour participer au débarquement allié en Normandie de juin 1944.

 

La 6TH AIRBORNE DIVISION en Normandie

Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, lors de l'opération Tonga des unités de la 6e division furent les premières du débarquement de Normandie à combattre. Elles furent larguées par planeurs et parachutistes derrière Sword Beach pour sécuriser le flanc est de la zone de débarquement allié. Leurs objectifs incluaient la prise du pont du canal de Caen (plus tard renommé Pegasus Bridge) et du pont sur l'Orne (plus tard renommé Horsa Bridge) par la compagnie D, 2nd Ox & Bucks commandée par le Major John Howard ainsi que la destruction de la batterie de Merville par le 9e bataillon parachutiste du lieutenant-colonel Terence Otway, les 2 objectifs furent atteints. L'opération Tonga se poursuivit par le parachutage d'autres unités de la division pour tenir le secteur pour faire face aux contre-offensives allemandes.

Le 12 juin, durant l'attaque sur Bréville, l'artillerie britannique bombardait la position allemande quand un obus tomba sur une position britannique et toucha un groupe d'officiers, tuant le lieutenant-colonel A.P. "Johnny" Johnson (Commandant le 12th Parachute Battalion) et blessant sérieusement les brigadiers Kindersley (Commandant la 6th Airlanding Brigade) et Lord Lovat (Commandant la 1st Special Service Brigade).

De juin à août, la division défendit avec succès la zone à l'est de l'Orne. Le 2 août, elle intégra la 1re armée aéroportée alliée. À la mi-août, elle participa à l'offensive sur la Seine et au début septembre fus mise au repos et retourna en Grande-Bretagne pour récupérer et se réorganiser après la perte de 4 000 hommes, tués blessés ou disparus.

 

Surveillance à Ranville le 07 Juin 1944

 

La 6 TH Airborne Division dans les Ardennes

Le 16 décembre les Allemands lancèrent la contre-attaque de la bataille des Ardennes, leur dernière offensive sur le front de l'Ouest, dans la forêt des Ardennes. La 6e Airborne fut expédiée en urgence en Belgique pour aider à repousser l'attaque allemande. Les combats se déroulèrent dans des conditions météo exécrables, prenant fin à la mi-janvier 1945.

 

La 6 th traverse le Rhin

Le 24 mars, la 6e division aéroportée britannique pris part à l'opération Varsity de traversée du Rhin qui eu lieu un jour après la traversée du Rhin par les troupes au sol. Mais les Allemands les attendaient et la division subit des pertes importantes en l'air et au sol. Malgré cela l'opération fut un succès et la 6e division avança ensuite assez loin vers l'est, faisant sa jonction avec les troupes soviétiques près du port de Wismar sur la mer Baltique à fin avril, quelques jours avant la fin de la guerre en Europe, le 8 mai 1945.

La 6th Airborne Division fratérnisent avec l' armée sovietique en 1945

 

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Les S.A.S

Le Special Air Service (SAS) est une unité de forces spéciales des forces armées britanniques, créée en 1941 par le lieutenant David Stirling avec des volontaires britanniques. Cette unité s'est fait connaître pendant la Seconde Guerre mondiale pour des raids menés derrière les lignes allemandes en Afrique du Nord.

La SAS Brigade, malgré la capture du lieutenant-colonel Stirling, forme un corps intégré dans les plans de l'état-major. L'unité, placée sous les ordres du général de brigade Roddy Mc Leod, compte désormais quatre régiments et une compagnie.

On dénombre plus de 80 opérations effectuées par le Special Air Service durant la Seconde Guerre mondiale qui sont listées dans Liste des opérations du SAS

Les SAS ont fait la preuve de leur efficacité et ils sont connus de l'état-major allemand. Hitler avait lui-même émis un ordre, fin 1942, afin que tous les commandos qui tombaient entre les mains de ses soldats soient considérés comme des espions et fusillés séance tenante :

« Les troupes SAS prisonnières seront remises immédiatement à l'unité de la Gestapo la plus proche. Ces hommes sont très dangereux.
La présence de troupes SAS dans n'importe quel secteur doit être immédiatement signalée. Elles seront exterminées sans pitié. Adolf Hitler »
La brigade SAS

La brigade est alors formée de deux régiments britanniques :

  • le 1er régiment de SAS aux ordres de Paddy Mayne
  • le 2e régiment de SAS aux ordres du (futur) colonel Brian Franks.

Elle comprend également des régiments étrangers

Chaque régiment comprend 40 sticks (groupes de 10 hommes).

 

La brigade SAS est employée sur le front européen dès le débarquement pour des missions d'ordre stratégique. Ainsi, parmi les premières troupes alliées de l'opération Overlord, 36 Français libres du 4e SAS sont parachutés le 6 juin vers 00h30 en Bretagne afin de harceler les moyens de communication et empêcher des renforts allemands d'atteindre la tête de pont en Normandie.

De même, toujours dans la nuit du 5 juin, des sticks du 1st SAS sont largués dans le Morvan dans le cadre de la mission Houndsworth et dans la Vienne (mission Bulbasket). Dans les semaines qui suivent, les autres régiments sont déployés en France derrière les lignes ennemies afin de harceler les Allemands en retraite après les débarquements en Normandie et en Provence.

Théâtre le plus important de l'engagement des SAS en France, la Bretagne comptait à la veille du débarquement de nombreuses troupes allemandes qui pouvaient renverser le cours de la bataille de Normandie. Les Alliés, soucieux de fixer ces troupes, envoyèrent donc les SAS qui, aidés de la Résistance bretonne, devaient harceler l'ennemi et l'obliger à rester sur place. Dans la nuit du 5 juin, 4 sticks précurseurs (35 hommes du 4th SAS) reprennent contact avec le sol français, devenant ainsi les premiers soldats alliés de l'armée regroupée pour Overlord à poser le pied en France. Ainsi, dans le cadre de la mission Dingson, les sticks des lieutenants Marienne et Déplante sont parachutés près de Plumelec et Lilléran dans le Morbihan. Ils perdent ce soir-là leur premier homme, le caporal Émile Bouétard, un Breton, le premier mort d'Overlord. Plus au Nord, dans le cadre de la mission Samwest, les lieutenants Botella et Deschamps et leurs hommes tombent en bordure de la forêt de Duault où ils installent une base.

Rapidement le contact est pris avec la Résistance bretonne. Les maquisards sont nombreux, certes, mais mal encadrés, mal formés et quasiment sans matériel. Les SAS prennent donc en main l'instruction ainsi que l'approvisionnement en armes, tout en menant des actions de sabotage visant les moyens de communications, de ravitaillement et de déplacement des Allemands. Dans les forêts bretonnes, très bien adaptées aux besoins des maquisards, les Allemands se sentent en danger et ne se déplacent plus qu'en fortes colonnes, peu discrètes mais plus sûres. Cela permet alors de mieux surveiller ces déplacements et de demander l'intervention de l'aviation alliée.

Le commandement allemand décide de réagir, car il craint l'ouverture d'un second front en Bretagne après celui de la Normandie. La Gestapo, la Milice française et des éléments russes « blancs » de la Wehrmacht sont déployés et montrent qu'ils sont capables de tout pour retrouver les parachutistes et les résistants soutenus par la population civile.

Les deux bases de commandement des groupes SAS, la forêt de Duault (Côtes-du-Nord) et le village de Saint-Marcel (Morbihan) sont attaquées à quelques jours d'intervalle, les 12 et 18 juin 1944. Mais les Allemands, malgré des pertes sévères, ne parviennent pas à encercler ces bases, et obtiennent uniquement la dispersion des combattants.

Les SAS (qui sont alors près de 450) sont répartis au sein des différents bataillons FFI où ils servent d'instructeurs. Par radio, d'importantes quantité d'armes et de matériel sont demandées et permettent d'armer plusieurs milliers d'hommes. Début août, lorsque les Américains entrent en Bretagne, l'ordre d'insurrection générale est donnée ce qui facilite la progression des unités blindées et la libération de la région.

Le 4th SAS paya cher cette efficacité : 77 tués, 197 blessés sur 450 engagés (sans parler des pertes de la Résistance).

2 Jeep SAS France 1944

 

Fin juillet et dans le courant du mois d'août, le 3rd SAS intervient en Vendée, dans le Finistère, le Limousin, les monts du Lyonnais et en Saône-et-Loire. Les opérations se poursuivent ensuite pour le 4th SAS sur la Loire (opération Spencer), et certains SAS prennent part à la libération de Paris.

Après Paris, les régiments sont réorganisés. Le commandant Jacques Pâris de Bollardière prend le commandement du 3rd SAS, et le commandant Puech-Samson, adjoint de Bourgoin, celui du 4th SAS. Au cours de l'hiver 1944, les SAS sont envoyés d'urgence dans les Ardennes belges (opération Franklin). Le 3rd SAS et le 4th SAS opèrent ensuite début avril 1945 aux Pays-Bas lors de l'opération Amherst.

À la fin de la guerre, les régiments SAS non-britanniques furent transférés aux armées de leurs pays d'origine ; les 1st et 2nd SAS furent dissouts et tinrent leur dernière parade le 5 octobre 1945. Le QG de la brigade SAS survécut quelques mois supplémentaires en raison de l'existence d'équipes SAS chargées de poursuivre les criminels de guerre en Europe, avant d'être dissout à son tour le 30 juin 1946.

 

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LA 2ème DIVISION BLINDEE

La 2e division blindée (2e DB) est une unité militaire française de l'arme blindée et cavalerie créée pendant la Seconde Guerre mondiale par le général Philippe Leclerc. Elle est parfois appelée Division Leclerc ou même Armée Leclerc.

Le 15 mai 1943, cette force est transformée en 2e division française libre à Sabratha en Libye et le 24 août 1943, elle est renommée 2e division blindée à Témara (Protectorat français du Maroc).

Ses effectifs viennent en partie des Forces françaises libres mais principalement de l’armée d'Afrique. Cette fusion dans une seule division, d'unités provenant de ces deux armées, est un cas unique.

Cette division qui doit transiter par la Grande-Bretagne, est, selon les exigences des Américains et des Britanniques, « blanchie » lors de sa formation durant l'été 1943 et ne compte plus de soldats noirs (ce point est naturellement faux, le Régiment de Marche du Tchad étant essentiellement issu du Régiment de Tirailleurs Sénégalais du Tchad). Selon plusieurs historiens, tels Christine Levisse-Touzé et Olivier Forcade, les Nord-Africains quant à eux, au nombre de 3 600 (dont probablement moins de la moitié sont maghrébins), représentent environ 25% de ses effectifs. 500 volontaires étrangers, principalement des républicains espagnols, rejoignent aussi ses rangs.

Rééquipée de matériel américain, elle s'embarque en avril-mai 1944 pour le Royaume-Uni.

 

La 2ème Division Blindée en Normandie

À partir du 1er août 1944, elle débarque à Utah Beach, en étant rattachée à la IIIe armée américaine du général George Patton qui accueille le général Leclerc dès son arrivée.

La division française est associée à la 5e division blindée et à la 79e division d’infanterie américaines pour former le 15e corps d'armée commandé par le général Haislip. Après son regroupement à La Haye-du-Puits (Manche), la division reçoit l'ordre d'avancer plein sud sur les routes du Cotentin, puis vers Le Mans, dans l'opération Cobra. Un peloton du Groupement Tactique Langlade voit brièvement le feu à Mortain lors de l'offensive allemande du 7 août, mais l'unité est cependant relevée rapidement de cette mission. En effet, profitant de l'avantage du "goulot" d’Avranches, Leclerc lance sa division vers Vitré et Château-Gontier, puis vers Le Mans.

 

La 2ème Division Blindée dans la Sarthe

Du Mans, l'attaque du XVe corps d'armée américain du général Haislip en direction d'Alençon est prévue pour le 10 août à 7 heures. Pour ce faire, la manœuvre nécessite de faire pivoter au Mans toute la 5e division blindée américaine plein nord, avec pour axe de progression Savigné-l'Évêque, Bonnétable, Marolles-les-Braults, Mamers, puis la forêt de Perseigne. La 2e division blindée du général Leclerc reçoit la mission de mener la même offensive sur la gauche de la 5e division blindée, dans l'axe Le Mans-Alençon.

La ville du Mans est libérée par les troupes américaines le 8 août. La 2e division blindée contourne la ville par l'ouest et le nord, (voir La Chapelle-Saint-Aubin). De Sablé-sur-Sarthe, elle remonte vers Loué. Les Allemands mettent en place une ligne de défense sur l'axe Saint-Marceau à Bonnétable, avec les troupes de la 9e Panzerdivision, arrivée de Nîmes peu de temps auparavant. Se joignent à ce dispositif les débris de la 308e division blindée et de la 130e Panzer Lehr, principalement destinés à ralentir la progression des Alliés par des embuscades antichars.

 

Fer de lance de la Normandie

Le général Leclerc n'a alors de cesse de se porter à l'avant du dispositif du XVe corps. Après la Sarthe, la division Leclerc est à la pointe du dispositif américain, réalisant un mouvement d'encerclement. Rapidement, les troupes du XVe corps US se portent vers le nord, et c'est la 2e DB qui libère Alençon le 12 août 1944, si rapidement que les Allemands en sont décontenancés. Le général Patton, commandant la IIIe armée, ne tarit pas d'éloges au sujet du général Leclerc qui appliquait les principes de l'attaque à outrance depuis que les Français étaient entrés en Normandie.

Aussi les Américains font-ils de la 2e DB le fer de lance de leur attaque vers Argentan pour fermer la poche de Falaise. Or, après de terribles combats dans le secteur de la Forêt d'Écouves, les troupes françaises se dispersent et débordent de leur secteur au sud d'Argentan, à tel point qu'ils ralentissent la progression de la 5e Division Blindée américaine à Sées. Les Américains, lancés vers Argentan, sont quelque peu retardés, et Leclerc se fait réprimander par le général américain commandant la 5e DB américaine (en) car il n'a pas respecté les ordres, retardant peut-être la fermeture de la poche de Falaise-Argentan. Les Français de Leclerc, ayant libéré Carrouges et Ecouché le 13 août, lancent une unité de reconnaissance au centre d'Argentan, mais cette unité est chassée par des blindés allemands lors d'une contre-attaque.

Il est clair que les Allemands vont défendre la ville avec acharnement. Leclerc, qui occupe un temps les hauteurs sud de la cité normande, demande alors l'autorisation d'envoyer le gros de ses troupes vers Paris pour libérer la capitale. Le haut-commandement américain et notamment Eisenhower doit trancher.

la 2ème DB débarque en Normandie

 

La 2ème DB libére Paris

Suivant l'ordre reçu de leur chaîne de commandement, les unités de combat américaines s'arrêtent quelque temps devant Argentan afin de pousser la 2e DB vers l'avant en prévision de la libération de Paris. Le haut-commandement finit par insister : Paris doit être libéré par des Français. Les Américains permettent ainsi aux combattants de la 2e DB de se distinguer en devenant la première unité alliée à entrer dans Paris, les 24 et 25 août 1944 et de recevoir la reddition de Dietrich von Choltitz.

 

La 2éme DB libére Strasbourg

Le 23 novembre 1944, Strasbourg est libérée. Lorsque le lieutenant-colonel Rouvillois entre dans Strasbourg, il lance la célèbre phrase codée « Tissu est dans iode » pour signaler sa réussite dans la prise de la capitale alsacienne.

La 2ème DB à Colmar

 

Le nid d' aigle

Le 4 mai 1945, un détachement de la 2e DB arrive à Berchtesgaden. Elle investit le Berghof quelques heures avant les parachutistes de la 101e division aéroportée américaine.

 

L'unité compte 1 687 tués dont 108 officiers, 3 300 blessés et 58 tanks légers et moyens perdus tandis qu’elle cause aux forces de l’Axe la perte de 4 500 soldats tués, ainsi que 11 000 prisonniers allemands capturés à Paris, 5000 prisonniers allemands capturés à Strasbourg, enfin 118 tanks lourds et moyens détruits.

 

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BIG RED ONE: 1ére division d' infanterie US

La 1re Division d'Infanterie américaine, surnommée The Big Red One, à cause de son insigne, un 1 rouge et imposant (Le grand 1 rouge) est, comme son nom l'indique, la plus ancienne division à avoir servi continuellement.

La 1st Infantry Division fut créée pour la première fois en 1917. Elle est la première division d'infanterie américaine à combattre les forces allemandes lors de la Première Guerre Mondiale. Elle est affectée près de Toul le 21 Octobre 1917. Elle effectue son baptême du feu le 3 novembre 1917.

La 1er Division Infanterie fut réactivée le 15 mai 1942 composée de 15 000 hommes :

  • Elle commença la ssSs Seconde guerre mondiale le 8 novembre 1942 par l'opération Torch en Afrique du nord, débarquant à côté d'Oran. Elle combattit alors l'Afrika Korps d'Erwin Rommel.
  • Campagne de Tunisie du 17 novembre 1942 au 13 mai 1943.
  • Opération Husky « débarquement en Sicile » du 09 juin 1943 au 17 août 1943.
  • Omaha beach le 6 juin 1944, où elle subit de lourdes pertes malgré son expérience aux côtés de la 29edivision d'infanterie américaine.

 

Afrique du Nord

Lorsque la 1ère division d'infanterie américaine est réactualisée le 15 mai 1942, elle compte près de 15 000 soldats à son actif. Sa première bataille de la Seconde Guerre mondiale se déroule dans le cadre de l'opération Torch, le 8 novembre 1942. Les forces alliées organisent pour la première fois un débarquement de grande envergure, situé près de la ville d'Oran, en Algérie.

La 1ère division d'infanterie, surnommée "Big Red One" (Grand Un Rouge) en rapport avec l'insigne de la division, combat en Tunisie et participe à l'invasion de la Sicile en juillet 1943.

 

Jour J

La "Big Red One" est appelée en Angleterre où elle doit préparer l'opération Overlord. En effet, la 1st Infantry est chargée de débarquer sur la plage d'Omaha Beach, avec la 29ème division d'infanterie.

Le 6 juin 1944, sous les ordres du Major General C. Ralph Huebner, le 16ème régiment d'infanterie de la débarque à 6 heures 30 en Normandie devant la localité de Colleville-sur-Mer. Mais la résistance allemande est extrêmement forte et les Américains sont à deux doigts de la catastrophe. Les pertes sont immenses, 95 pour 100 des officiers ont été tués et personne n'est débarqué à l'endroit où il devrait se trouver.

Mais les vétérans d'Afrique du nord ne se démotivent pas pour autant et forcent le Mur de l'Atlantique, gardé par la 352ème division d'infanterie allemande. Le général Taylor, commandant le 16ème régiment, se tenant debout sur la plage, hurle à ses hommes une phrase qui est entrée dans l'histoire : "Deux sortes de personnes vont rester sur cette plage : les morts et ceux qui vont mourrir ! Maintenant, foutons le camp d'ici !"

Omaha Beach 06.06.1944 photo Robert Capa

 

Aprés le jour J

Après le débarquement de Normandie, la 1st Infantry Division participe à la libération de la ville de Liège, en Belgique et repousse les forces allemandes derrière le Rhin. Elle traverse la ligne Siegfried puis attaque la ville allemande de Aachen qui se rend le 21 octobre 1944.

Mais le 16 décembre 1944, les Allemands lancent leurs dernières forces dans le cadre de l'opération Nordwind et contre-attaquent au niveau de la forêt des Ardennes. Située à Bullingen, la 1st Infantry Division défend ses positions en infligeant de lourdes pertes aux forces allemandes.

Opération Nordwind

 

Le 15 janviers 1945, la situation américaine dans les Ardennes s'améliore et les divisions alliées contre-attaquent à leur tour. La 1ère division d'infanterie traverse une seconde fois la Ligne Siegfried réoccupée par les Allemands, puis elle établit une tête de pont dans la région de Remagen.

Le 8 avril 1945, la Big Red One pénètre en Tchécoslovaquie après avoir traversée la rivière Weser. C'est sa dernière action de la Seconde Guerre mondiale. Elle sert comme division d'occupation en Allemagne jusqu'en 1955 avant de retourner à Fort Riley (USA).

21 023 soldats de la 1st Infantry Division ont été mis hors de combat pendant toute la durée de la Seconde Guerre mondiale.

 

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LE COMMANDO KIEFFER

 

Les commandos Kieffer sont les fusiliers marins commandos créés par la France libre et commandés par le capitaine de corvette Philippe Kieffer. Ils étaient intégrés à la Special Service Brigade. 177 commandos se sont illustrés pendant le débarquement de Normandie, seuls représentants de la France à débarquer par voie maritime le jour J, puis, dans les combats qui ont suivi. Ils faisaient partie du 1er bataillon de fusiliers marins commandos fort de deux Troops de combat et d’une 1/2 Troop d’appui (K-Guns). Voir la liste des commandos Kieffer.

Sur les 177 commandos, 10 furent tués le 6 juin, 24 terminèrent la campagne de Normandie sans avoir été blessés. 27 furent tués au combat.

Dès 1940, Winston Churchill décide la création d'une force d'assaut de 20 000 hommes[1]. L'État-major britannique fait rapidement le constat qu'il lui manque de petites unités légères et mobiles, capables de mener des actions de renseignement ou de destruction derrière les lignes ennemies sur les côtes de l'Europe occupées, du rivage atlantique français jusqu'au nord arctique de la Norvège. C'est la création des unités «commandos». Le nom est repris du nom d'unités légères sud-africaines pendant la Seconde Guerre des Boers[1]. Philippe Kieffer qui a rejoint les Forces française libres en Grande-Bretagne est impressionné par les méthodes des commandos britanniques, surtout le raid mené par les commandos anglais sur les îles Lofoten le 4 mars 1941. En 1942, il constitue la « Troop 1 » des Commandos français avec une vingtaine de volontaires, dans les environs de Portsmouth. Au printemps, le général de Gaulle demande à lord Mountbatten, chargé des opérations spéciales la création d'un commando français de 400 hommes[1]. Les Britanniques sont intéressés par l'apport d'hommes susceptibles d'agir en France, donc connaissant le pays et la langue de leurs habitants. L'enseigne de vaisseau Philippe Kieffer est désigné pour en prendre le commandement.

Commando Kieffer à l' entrainement en Angleterre

 

LA FORMATION

La formation a lieu avec les commandos britanniques, les bérets verts, au château d'Achnacarry en Écosse. Ce château et les terres environnantes situés dans les Highlands ont été mis à disposition de la Special Service Brigade par le propriétaire, Sir Donald Walter Cameron of Lochiel, chef du clan Cameron. Le cadre est austère et sauvage et la formation particulièrement rude. Philippe Kieffer et ses hommes seront les premiers étrangers à être formés dans ce centre d'entraînement dirigé par le lieutenant-colonel C.E. Vaughan. Les nouveaux arrivants doivent ainsi parcourir 30 km à pied de la gare au château, puis passer devant des tombes fictives de soldats soi-disant morts pendant l'entraînement[1]. Le bataillon français ainsi formé est placé sous le commandement de Lord Lovat qui dirige la 1re brigade de commandos.

Cette rigueur de l'entraînement tient au fait de la difficulté et la dangerosité des missions qui leur sont confiées derrière les lignes ennemies. Ainsi le 18 octobre 1942, Hitler ordonne d'abattre tous les commandos faits prisonniers.

Le 14 juillet 1942, une compagnie des futurs commandos défile dans les rues de Londres.

 

Commando Kieffer

 

Les combats

En 1943, le 1er bataillon fusiliers marins commando (1er BFMC) est constitué de trois Troops la N°1, la N°8 du Capitaine Trepel et la Troop d'appui (K-Guns). Environ un tiers de ces fusiliers marins sont originaires de Bretagne.

Des commandos français participent au raid sur la plage de Wassenaar en Hollande, au cours duquel six d'entre eux, dont le commandant Charles Trepel, sont tués.

En mai 1944, quelques semaines avant le Débarquement, ils reçoivent leur propre insigne (écu de bronze chargé du brick de l’aventure et barré du poignard des commandos avec dans le coin sénestre la croix de Lorraine et souligné d’une banderole portant l’inscription "1er Bon F.M.Commando "). Ils le portent sur le béret vert « à l’anglaise », c’est-à-dire sur le côté gauche. Le dessin est dû à l’un d’entre eux, le caporal Maurice Chauvet. Le bataillon est alors incorporé au sein du commando N°4 de la Brigade des forces spéciales.

Dans les jours qui précèdent le débarquement, les photos des objectifs sont distribuées aux commandos sans précision du lieu. Mais comme certains des commandos français sont originaires de Normandie, ils reconnaissent les sites prévus, ce qui suscite l'inquiétude de l'État-major anglais, qui décide alors de les cantonner dans leur camp avec interdiction de sortie jusqu'au débarquement. Les 177 hommes ont été répartis en deux « troops » et une section de mitrailleuses « K Gun ».

Promu capitaine de corvette (d'où l'appellation commandant) à la veille du Jour J, Philippe Kieffer débarque le 6 juin en Normandie à la tête de 176 hommes du 1er bataillon de fusiliers marins commandos fort de deux Troops de combat et d’une 1/2 Troop d’appui (K-Guns). Ils débarquent de la barge 527 à 7h55 sur la plage Sword à Colleville-Montgomery à l'est du dispositif allié. Sur ce secteur, ils sont les premiers à débarquer, les barges avec les commandos britanniques les ayant laissé passer en tête comme initialement prévu. Leur objectif est La Brêche, à 500 mètres à l'ouest de Riva Bella.

Commando Kieffer à Sword le 06 Juin 1944

Malgré des pertes significatives, ils s’emparent d’une pièce de 50 mm encuvée qui avait mis à mal la péniche LCI 523 (1re Troop), puis de l'ex-Casino de Riva-Bella, avant de s’enfoncer dans les terres par Colleville et Saint-Aubin-d'Arquenay pour faire jonction à Pegasus Bridge (Bénouville) avec les troupes aéroportées britanniques de la 6e DAP. Ils y arrivent vers 16 h 30. Ils occupent alors les lisières du Plain vers 20 h 00. Au soir du 6 juin, le 1er BFMC aura perdu presque 25 % de ses effectifs : outre les blessés mis hors de combat et évacués, dont le commandant Kieffer touché deux fois dans la journée, deux officiers et huit hommes sont tués :

  • 4 sur la plage : • second-maître Raymond Dumanoir • matelot Raymond Flesch • quartier maître Josephe Letang • matelot Jean Rousseau ;
  • 2 boulevard Winston Churchill : • lieutenant Augustin Hubert • matelot Marcel Labas ;
  • 4 face au casino : • quartier-maître Jean Lemoigne • médecin-capitaine Robert Lion • matelot Émile Renault • matelot Paul Rollin.

Avec le Régiment de la Chaudière, il fut la seule unité francophone à participer aux opérations.

Les commandos français vont combattre jusqu’au 27 août 1944, puis le bataillon est renvoyé en Grande Bretagne en repos et pour être recomplété. En novembre 1944, le 1er BFMC est débarqué sur l’île de Walcheren en Hollande et il prend Flessingue dans le cadre d’une opération combinée des commandos britanniques.

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