Récit du soldat Brian Guy. Juin 1944 prés de Caen

25/03/2013 14:51

 

Brian Guy
246 Champ Co Royal Engineers - Division d'infanterie de 3rdBritish. 
 
 
Ce ne sont pas seulement des images et des scènes qui me sont restées au fil des ans, mais aussi des sons, des sons qui rappellent des épisodes du passé. 
Aujourd'hui (environ 60 ans en arrière) nous étions sur le point de prendre Caen! Nous avions atteint les hauts terrains à gauche de la route menant à Caen, cette route poussiéreuse qui surplombait la zone industrielle de Colombelles dans les faubourgs de Caen, avec le haut bâtiment de construction d'acier loin derrière, tout rouillé et décharné. De notre point de vue on pouvait voir à des miles à la ronde en contrebas et le terrain s'étendait en un grand panoramique. 
Pleins d'extase et ne sachant pas que cette zone était encore entre les mains des allemands, et qu'ils observaient nos déplacements (on nous avait dit que la 51stHighland Division l'avait prise), après une longue observation du terrain en contrebas nous avons continué de sonder et se frayer un chemin vers l'avant, pour garantir que le passage était dépourvu d'ennemi et de mines. 
L'ennemi y a vite mis une fin, nous venions juste de pénétrer et de sécuriser une ferme quand tout bascula, un formidable barrage d'artillerie provint de l'usine d'acier rouillée en contrebas. Tir direct, dont on n'entend pas les obus tomber jusqu'à la dernière seconde, le son du tir ressemble alors à un train express avec le hurlement des obus, dégageant des explosions violentes et produisant de multiples éclats, la ferme explosa soulevant des débris de bois qui retombèrent sur mes épaules, les débris volants, le sifflement continu et les flashs des explosions, les ondes provenant de l'explosion des obus, un intense barrage, la fumée tourbillonnante, nous a tous saisis de frayeur. 
Les plaintes et les cris des hommes mortellement blessés, ma bouche sèche, suffocant de poussière. J'ai commencé à me dégager, couvert par des saletés, de la poussière et des éclats de bois.
Soudain j'ai entendu au loin le son des cornemuses, au-dessus de tout ce bruit, je pouvais entendre le chant des tuyaux écossais, je suis sorti des décombres et regardé la trace de poussière s'élevant et il y avait, marchant nonchalamment vers nous, ce joueur de cornemuse, en kilt kaki, se tournant de droite à gauche, tout en avançant et se concentrant sur son jeu de cornemuse. Le son de la guerre! A chaque fois que j'entends les cornemuses j'avoue avoir une boule à la gorge, j'ai été dans la bataille avec le son des cornemuses et je peux plus les entendre sans être profondément touché. 
Brian Guy     (05 Juillet 2003)
 

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