Pierre Closterman un as Français

09/11/2014 17:05
Arrivé en Angleterre à la fin de 1940, Pierre Clostermann est testé en vol.
Dans les deux cas il est noté "Above average" (au-dessus de la moyenne) et est sélectionné pour suivre les cours d'élève-officier de la RAF de Cranwell. C'est à Sywell, qu'il croise pour la première fois celui qui deviendra son meilleur ami, Jacques Remlinger.
En janvier 1942, il est affecté à l'Operational Training Unit 61 de Rednal (Pays de Galles) où il effectue son premier vol sur Spitfire (matricule TO-S)5
Image illustrative de l'article Pierre Clostermann
Il est affecté en janvier 1943 sur au 341 Squadron « Alsace » qui combat sur Spitfire. Le 12 mai, il est abattu au-dessus de la Manche par un Messerschmitt 109. Il se parachute sans dommage.Il remporte ses deux premières victoires aériennes sur des FW 190 le 27 juillet 1943. Le 27 août, il est le numéro 2 de René Mouchotte lorsqu'ils sont pris dans un très intense combat en escortant une vague de 60 Forteresses Volantes missionnée pour bombarder une division blindée allemande en manœuvre au sud de Saint Omer. Clostermann, handicapé par le calage de son compresseur, perd de l'altitude et reprend le combat sans avoir pu rejoindre son leader. Il abat un Foke-Wulf - sa troisième victoire. Le commandant Mouchotte disparaît au cours de cette mission. A la suite de cette disparition, Clostermann est astreint à des missions secondaires par le nouveau chef Bernard Dupérier, qui le tient pour responsable de la baisse morale de l'unité. Le 25 septembre, au cours d'une mission de calibrage, il obtient une quatrième victoire, sur un Me109. Il est invité par son Squadron Leader Malan et Al Deere, son wing Commander, à rejoindre l'unité de son choix. Clostermann demande alors son affectation au Squadron 602 "City of Glagow" pour rejoindre son ami Jacques Remlinger.
Pierre Clostermann a été affecté à des escadrons équipés de Spitfire 
Le Squadron 602 est basé à Ashford au sud-est de l'Angleterre. Ses chasseurs sont de vieux Spitfire V, aux ailes tronquées, optimisés pour les missions à basse altitude. Les missions s'enchaînent et varient entre mitraillage de navire, escorte de bombardiers et attaques des premières rampes V1.
 
Le Squadron 602 déménage bientôt aux Orcades bien loin des premières lignes, le but étant de déjouer toute tentative de bombardement et surtout de reconnaissance de la part de la Luftwaffe au-dessus de la base navale de Scapa Flow. Clostermann et Remlinger y feront ensemble les 400 coups en vol aussi bien qu'au sol, empruntant l'avion personnel du chef de la base pour que Jacques puisse rejoindre l'une de ses nombreuses conquêtes…! Le 7 février 1944, Clostermann est contraint à un atterrissage d'urgence suite à une panne mécanique, en plein brouillard alors que la nuit est déjà tombée : bilan, un genou enflé.
Pierre Closterman en Juillet 1944
L'unité finit par redescendre plus au sud au printemps, à Detling. Là se succèdent les bombardements en piqué contre les rampes V1 et les ports et l'escorte des bombardiers américains au-dessus du territoire français. C'est lors de ces missions que Clostermann observera impuissant l'imprécision des bombardements américains causant la mort de bon nombre de ses compatriotes civils. Le 8 mai, l'as se défait d'un FW 190 au large de Dieppe mais se voit bientôt affecté comme aide de camp en prélude de l'invasion de l'Europe. Tenu au secret le plus strict, il ne peut voler avant le jour J.
 
Le 6 juin commence le débarquement en Normandie. Clostermann vole toujours avec Remlinger, tantôt comme ailier, tantôt comme leader, lors de nombreuses missions d'attaques au sol non sans ramener leurs avions troués par une DCA allemande toujours plus précise. Le 11 juin, les deux hommes seront les premiers pilotes français à se poser sur le territoire national. Clostermann pour sa part revendiquera 5 succès en combat aérien dans cette campagne et à peu près autant de victoires probables avant d'être retiré des opérations actives, fatigue oblige. Il recevra la DFC pour ses 300 missions de guerre et 11 victoires aériennes (selon les critères britanniques).
Cantonné à l'état-major et faisant partie de la liste des pilotes interdits de vol par le général De Gaulle lui-même, Clostermann contourne le problème et parvient grâce à l'appui de connaissances à se faire muter au Wing 122 majoritairement équipé du chasseur ultra moderne Hawker Tempest. Véritable unité d'élite, elle est la seule à tenir tête aux chasseurs allemands pendant les deux semaines qui suivirent l'opération Bodenplatte du 1er janvier 1945.
Le sous-lieutenant Clostermann débarque à Volkel aux Pays-Bas sous un hiver glacial en ce début d'année 1945 et prend en charge tour à tour des Flight du Squadron 274, et le Squadron 3. Étant données les performances du Tempest, le Wing 122 est chargé de contenir la Luftwaffe (en particulier le Me 262 à réaction) ainsi que d'attaquer le réseau ferré ennemi et sa DCA meurtrière. Plusieurs de ses chefs y laisseront leur vie essentiellement à cause de la terrible Flak allemande, à laquelle Pierre Clostermann est particulièrement allergique.
 
Les missions se succèdent à un rythme effréné, souvent sous une météo déplorable. Le 7 mars, c'est un Me 262 qui lui file entre les doigts, ses armes de bord s'étant enrayées coup sur coup. Le 28 mars, il doit effectuer un nouvel atterrissage sur le ventre de nuit mais s'en sort quasi indemne. En avril, il tente sans succès d'intercepter un drôle d'oiseau possédant une hélice à l'avant et une à l'arrière, qui se révèlera être un Do 335, un appareil ultra rapide tracto-propluslsif. Alors qu'il est chargé d''une attaque sur l'aérodrome de Schwerin, Clostermann perd 6 avions sur 8 en moins d'une minute, tous à cause de la Flak ! Il apprendra plus tard que cet aérodrome spécialement protégé était réservé à l'évacuation de dignitaires allemands et qu'il avait accueillit le FW Kondor personnel de Hitler. Le 21 avril, il se fait descendre par un adversaire qu'il croyait pourtant à sa portée : résultat, un Tempest en moins, une belle frayeur et des applaudissements moqueurs de ses camarades.
Son plus beau succès vient le 3 mai. Après une journée bien chargée avec un FW 190 abattu et deux autres endommagés au sol, on le rappelle en toute fin de soirée pour attaquer la base aéronavale de Grossembrode à 140 km et ultra bien défendue par la Flak et 200 Me 109 et FW 190. Malgré tout, Pierre parvient à aligner 24 Tempest pour une attaque épique qui va durer quelques minutes seulement au cœur d'un déluge de feu. 7 Tempest seront abattus pour deux fois plus de pertes coté allemand. Clostermann pour sa part aura détruit ou endommagé au sol trois appareils et abattu trois autres avions plus deux en collaboration.
Pierre Clostermann reçoit la Distinguished Flying Cross.
Il termine la guerre comme lieutenant de l'Armée de l'air française (Je reçus une note du Ministère de l'Air, contresignée d'un général FFI, m'annonçant que par une grande faveur et à titre exceptionnel, on me nommait Lieutenant de réserve - Le grand cirque, dernier chapitre "la porte se ferme") et Group Captain (colonel) de la Royal Air Force. Il est démobilisé le 27 août 1945. C'est le plus grand as français de la Seconde Guerre mondiale avec 33 victoires homologuées, la plupart remportées sur des avions de chasse allemands. Il a également détruit de nombreux avions ennemis au sol, des locomotives, camions et chars, mais aussi deux vedettes lance-torpilles, ce qui lui vaut à 24 ans d'être proclamé à l'ordre du jour « le premier chasseur de France », par le général de Gaulle.
 
Promu commandant, il sert de 1956 à 1957 en Algérie sur Broussard, expérience qui lui inspirera son roman Appui feu sur l'oued Hallaïl. Pierre Clostermann termine sa carrière militaire avec le grade de lieutenant-colonel de réserve de l'Armée de l'air.
 

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