L'opération Frankton

09/12/2015 11:49

L'opération Frankton est une opération menée par dix hommes d'une petite unité de commandos britanniques, le Special Boat Service des Royal Marines, rattachés aux Opérations combinées. Le raid, qui commence le 7 décembre 1942 par la mise à l'eau de cinq kayaks au large de l'estuaire de la Gironde, a pour but l'attaque de forceurs de blocus, des navires de l’Axe, basés dans le port de Bordeaux assurant des liaisons avec le Japon. L'opération sera un succès mais huit des dix commandos y perdront la vie, noyés ou exécutés par les Allemands.

Afficher l'image d'origine

Le plan

Le plan consiste, en bref, à ce qu'un officier et onze autres hommes des Royal Marines remontent la Gironde dans de petits canots, ne circulant que pendant la nuit, et placent des mines limpets (bâtons d’explosifs aimantés) sous la ligne de flottaison des navires qu’ils trouveront dans le port de Bordeaux. Les canots seront amenés jusqu'à quelque neuf milles (16 km) de l’embouchure de la Gironde dans un sous-marin effectuant son service normal de patrouille et n’auront pas besoin d’être spécialement conçus.

La mission

Dans la soirée du 7 décembre 1942, le sous-marin britannique HMS Tuna met cinq kayaks à l'eau (Catfish, Coalfish, Crayfish, Cuttlefish et Conger) avec ses dix hommes d'équipage au large de Montalivet-Soulac (département de la Gironde). Un sixième kayak (Cachalot) prévu ayant été déchiré lors de la mise à l’eau, l'équipage (William Ellery et Eric Fisher) rentre en Angleterre à bord du sous-marin. Les membres du commando devaient remonter l'estuaire en se cachant le jour, poser des mines sur les navires qu'ils trouveraient et abandonner leurs canots arrivés à Bordeaux. Un des cinq kayaks (Conger) disparaît en passant les remous de l'embouchure. Le Cuttlefish est perdu de vue. Les trois canots (Catfish, Crayfish et Coalfish) ne peuvent naviguer que de nuit et avec une marée favorable. Il leur faut passer la journée cachés dans les broussailles de la berge. Le sergent Wallace et le marine Ewart, du Coalfish, sont capturés à l'aube près du phare de la pointe de Grave où ils étaient parvenus.
Afficher l'image d'origine
À la fin de la deuxième nuit (8/9 décembre), le Catfish et le Crayfish, poursuivant leur raid, sont portés par la marée près du Verdon et obligés de se glisser entre le môle et quatre navires ennemis à l'ancre. La nuit du 11 décembre 1942, vers 21 h, les deux kayaks se préparent à exécuter la dernière phase de leur mission. Le Catfish se dirige vers les quais de la rive gauche du port de Bordeaux et réussit à fixer des mines magnétiques sur trois grands navires amarrés. Le Crayfish reste sur Bassens et pose ses mines sur deux navires amarrés dans le môle. La mission accomplie, les quatre hommes ont seulement quelques heures pour s'enfuir de la région. Les explosions commencent six heures plus tard, le 12 décembre 1942 à partir de 7 heures du matin.

Le repli :

Les quatre hommes descendent la Gironde jusqu'à Saint-Genès-de-Blaye en profitant de la marée descendante et du courant, coulent leurs embarcations et s'enfoncent dans les terres pour entreprendre un voyage de 160 km en zone occupée à pied jusqu'à Ruffec (Charente). Pour plus de sécurité les deux équipes se séparent. Le 14 décembre 1942, l'un des deux groupes (Laver et Mills) est repéré et dénoncé, près de Montlieu la Garde. Laver et Mills sont arrêtés et, malgré leur uniforme de l'armée britannique, sont considérés comme des terroristes (et non des militaires). Ils sont fusillés en mars 1943 à Paris.
L’autre groupe (Hasler et Sparks), aidé par la Résistance française puis par les réseaux catalans et Républicains espagnols, rejoignent Gibraltar le 1er avril 1943, en passant par Blaye, Donnezac, Saint Germain de Vibrac, Saint Même les Carrières, Saint-Preuil, Ruffec (18 décembre 1942), bois de Benest, Marvaux (où ils restent cachés 42 jours), Roumazières, Limoges, Lyon, Marseille, Perpignan, Bañolas, Barcelone, Madrid et enfin Gibraltar.

 Bilan de l’opération :

Les mines ont explosé, quatre cargos, le Tannenfels, le Dresden, l'Alabama et le Portland, sont très sévèrement endommagés. Un sperrbrecher et le pétrolier Cap Hadid sont également touchés. Les pompiers français du port, sous l’autorité de l’ingénieur Raymond Brard, alias colonel Raymond, du Réseau Triangle-Phidias, sont immédiatement appelés, et selon un rapport français, ils ont contribué délibérément à aggraver les dommages en inondant les navires avec leurs lances afin de les faire chavirer.

© 2011 Tous droits réservés.

Optimisé par le service Webnode