les petites choses que le GI's ont apporté en France

29/12/2014 14:55

Lorsqu'ils débarquent en Normandie, les GI's américains amènent avec eux, dans leur paquetage, nombre de produits jusqu'ici inconnus en France parmi lesquels se trouvent le Coca-Cola, le Nescafé, les barres chocolatées, les lunettes de soleil, le T-shirt, les bas en nylon, le chewing-gum, le stylo à bille, le rasoir mécanique de sureté, les cigarettes blondes, le briquet Zippo, les préservatifs, le DDT, la jeep et même le scooter.

Le Coca Cola

Elle est la boisson privilégiée des GI's depuis 1941, date où l'administration Roosevelt lui donne le statut de fourniture de guerre. Le PDG de l'entreprise, Robert Woodruff lance alors un message patriotique à l'adresse des soldats américains: "Chaque Américain portant l'uniforme pourra, où qu'il soit dans le monde et quoiqu'il puisse en coûter à la firme, se procurer du Coca-Cola pour 5 cents la bouteille." N'oublions pas que chaque GI's ne perçoit qu'un $/ jour.

Stocks de Coca-Cola à Omaha (NA/USA)

Stocks de Coca-Cola à Omaha (NA/USA)

Les barres chocolatées:

Si le chocolat au lait occupe aujourd'hui une place de choix dans les cuisines françaises, il n'en n'a pas toujours été ainsi car jusqu'au 6 juin 1944, il était complètement inconnu en France. On ne connaissait que la plaquette de chocolat noir. Ce sont les soldats américains qui l'ont amené avec eux dans leur paquetage avec la barre chocolatée. Ces deux produits ne seront commercialisés qu'à partir de 1951 en France.
Les barres chocolatées Hershey's (NA /USA)

Le t-shirt

Ce sont les Marine's qui les ont vraiment adoptés au point qu'ils seront appelés "gob shirt" (Gob = matelot en argot militaire). Ceux-ci s'apercevront rapidement que la couleur blanche éclatante des T-shirt, qui plait tant aux filles, n'était pas la couleur idéale pour passer inaperçus lors des combats puisqu'ils ont été pris de suite pour cible par l'ennemi. Ils prennent alors l'initiative de teindre les T-shirt, sur le terrain, avec du marc de café. L'intendance réagira rapidement en fournissant aux hommes des T-shirt de couleur verte et en généralisera le port à toute les armes.
Lors du débarquement et jusqu'à la fin de la guerre, le T-shirt a une encolure plus large, des manches plus courtes et est plus resserré sur le corps que ceux que l'on connait actuellement et il était porté plus pour son aspect fonctionnel que par mode.
Le T-shirt des GI's (NA/USA)

Les lunettes de soleil

Une version fut créée à la demande des pilotes durant la Seconde Guerre Mondiale avec l'instauration des verres à teinte progressive. Une bande supérieure foncée protégeait les pilotes des rayons du soleil et une bande plus claire, au niveau inférieur des verres, leur permettait de garder un œil plus précis sur le tableau de bord de l'avion.
Les lunettes de soleil font leur apparition en France aussitôt la Libération. La "Ray-Ban Aviator " ne fut commercialisée seulement qu'à partir des années 1960 pour les civils, mais ses ventes décollèrent vraiment que dans les années 1980.
Les lunettes de soleil Ray-Ban

Le chewing-gum

En France, le chewing-gum est totalement inconnu et ce sont les Américains qui vont le populariser après le débarquement en distribuant la friandise par poignée aux gamins qu'ils rencontrent(en leur précisant bien de ne pas avaler la sucrerie) et ce, au grand dam des mères de familles. Le produit aura vite ses détracteurs qui émettront des fausses rumeurs qui diront qu'il ne faut pas mâcher du chewing-gum parce que cela (à juste titre) déclenche des carries, provoque des ulcères de l'estomac et qu'il ne faut surtout pas avaler la friandise sous peine de voir son système digestif obstrué ou collé.
Diverses présentations du chewing-gum dans les années 40. (NA /USA)

Les bas nylon

Lorsque, en 1941, les Etats-Unis entrent  en guerre, ce sera une catastrophe pour les femmes américaines car la production de nylon pour les bas doit être interrompue, le produit étant réservé en priorité à la fabrication de parachute ou de pneus pour les bombardiers. Les femmes éludent le problème en se teignant les jambes avec du henné ou de la chicorée et simulent la couture du bas avec un trait de crayon gras.
Si le bas nylon n'est pas directement inclus dans le paquetage des soldats, ceux-ci peuvent facilement s'en procurer dans les PX (Point of Exchange) et ils ne manquent pas de les offrir aux belles françaises qui les acclament dans les villes libérées. Celles-ci raffoleront très vite du produit et cela créera un marché parallèle qui fera les beaux jours de leurs auteurs.
Publicités américaines vantant la résistance et la tenue du bas nylon (NA/USA)

Le stylo bille

En 1944, la RAF britannique et l'US Air Force, à qui les deux frères Biro ont proposés un modèle, adoptent le stylo à bille en raison de son aptitude à écrire en haute altitude dans les avions non pressurisés de l'époque.
 
Anecdote: Si le stylo à bille permettait d'écrire en haute altitude, il a la particularité de ne pas fonctionner dans l'espace à cause  de l'apesanteur donc du manque de pression atmosphérique.

Le rasoir mécanique de sureté Gillette:

Lorsque les Américains débarquèrent, ils firent connaitre et procurèrent des rasoirs aux Français faisant ainsi perdre une source de revenus à beaucoup de barbiers mais améliorant du même coup l'hygiène et l'esthétique de l'homme français.
Le nécessaire de rasage du soldat américain dans la seconde guerre mondiale. (NA /USA)

Le nescafé

Le 1er  avril 1938, après 7 ans de recherche le "Nescafé" est né, mais ce sera sous forme de poudre et non de cubes. Il est fabriqué à Orbe.
Depuis le début des années 40, Nescafé essaye de lancer le café lyophilisé sur le marché français et européen mais sans succès. Certains prédisent même que l'étrange boisson ne trouvera jamais acquéreur, pourtant, en 1944, l'arrivée en force des GI's américains qui débarquent avec des rations de Nescafé dans leur paquetage va lancer le véritable essor du produit. 
Boite de Nescafé pour rations multiples (NA /USA)

Les cigarettes blondes

Avant la seconde guerre mondiale, la France était un pays où l'on ne trouvait que du tabac brun. 
Lorsqu'ils débarquent sur les plages normandes le 6 juin 1944, les Américains amènent avec eux leurs cigarettes blondes plus légères, souvent munies d'un bout filtre (utilisé depuis 1930 aux Etats-Unis). Certains paquets sont "Flip top box" c'est-à-dire que les cigarettes sont emballées dans un paquet cartonné muni d'un rabat qui évite au maximum l'écrasement des cigarettes dans les poches. D'autres, comme les Craven "A"  sont emballées dans une boîte plate entièrement métallique qui rappelle l'étui à cigarettes.
Différentes marques de cigarettes blondes que les Américains fumaient en 1944. (NA/USA)

Le zippo

Ce briquet, qui fonctionnait sous tous les climats et sous toutes les conditions atmosphériques, devint si populaire que les hommes les personnalisaient en faisant graver une date, un lieu ou un message.
D'emblée, le briquet plut aux Français qui, s'ils connaissaient l'usage du briquet de longue date ne tardèrent pas à l'adopter, en particulier les militaires qui l'appréciaient beaucoup pour sa robustesse et sa faible consommation en carburant. Une ampoule d'essence normale pour auto permettait des dizaines d'allumages.

Les préservatifs

Si les militaires américains qui débarquèrent en Normandie, le 6 juin 44, avaient dans leur paquetage un lot de 5 préservatifs, ils ne l'utilisaient rarement pour l'usage auxquels étaient destinés originellement  ces accessoires. Ils se servaient de leur dotation en préservatif pour protéger le canon de leur arme des infiltrations d'eau ou de sable afin d'éviter qu'elles ne s'enrayent. Ils avaient bien un protège-canon dans la trousse d'entretien de leur Garand USM1 mais celui-ci était en tissu, donc non étanche, et il fallait l'enlever avant de pouvoir utiliser l'arme et ce, contrairement au préservatif qui permettait de tirer sans avoir à l'enlever et qui assurait l'étanchéité de par son élasticité et de par le matériau (le latex) utilisé pour sa fabrication. A noter que cet usage de l'accessoire perdure encore au sein des armées d'aujourd'hui.
Préservatifs Texide et leur conditionnement. (NA /USA)
 

 

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