Les évasions du château de Colditz

09/11/2014 15:03

les Allemands regroupaient les soldats Alliés prisonniers dans deux types de camp : les Stalag et les Oflags. Ces derniers étaient spécialement destinés aux plus hauts gradés. Les plus récalcitrants d’entre eux, auteurs de multiples tentatives d’évasion, étaient parqués dans la citadelle de Colditz, dans la Saxe, autrement désigné Oflag IV-C.

C' était une forteresse d'où l'évasion était censée être impossible puisque la sécurité était assurée par des gardiens plus nombreux que les prisonniers eux-mêmes. Malgré cela, 34 officiers (13 Français, 10 Britanniques, 7 Néerlandais, 2 Belges, 1 Polonais, 1 Canadien et 1 Indien) sont parvenus à s'évader de Colditz.
Les premiers prisonniers internés à Colditz furent 140 officiers polonais en octobre 1940.
À la fin de l'année 1940, 60 officiers polonais, 12 belges, 50 français et 30 britanniques y sont internés.
En février 1941 sont amenés 200 officiers français, rejoints plus tard par 68 officiers néerlandais le 24 juillet 1941.
Fin juillet 1941, on compte 250 prisonniers français, 150 polonais, 50 britanniques ou membres du Commonwealth, 68 néerlandais et 2 yougoslaves.
En mai 1943, le haut commandement de la Wehrmacht décide de réserver prioritairement Colditz aux prisonniers britanniques.
Les officiers français, polonais et néerlandais sont transférés dans d'autres camps et fin juillet 1943, il ne reste qu'une poignée d'officiers français pour 228 officiers britanniques ou membres du Commonwealth.
Le 23 août 1944, le premier prisonnier américain arrive à Colditz, rejoint le 19 janvier 1945 par six généraux français.
En mars 1945, 1 200 prisonniers français sont internés à Colditz. Le 16 avril 1945, le château est libéré par les troupes américaines.

Les évasions réussies

- celle du Français Pierre Mairesse-Lebrun. Pendant l’exercice, aidé d’un compatriote, il passa par-dessus la grille de barbelés (tendue à trois mètres de hauteur) en jouant à saute-moutons.
 
- celles du Néerlandais Damiaen Joan van Doorninck et du Britannique H. Fowler. Alors que le Britannique Pat Reid se livrait aux préparatifs d’une pièce de théâtre, il découvrit un étage vide et condamné sous l’estrade. Il creusa un trou dans le plancher, et s’aperçut que le chemin mène à un poste de surveillance. Van Doorninck et Fowler, déguisés en soldats Allemands, profitèrent d’une représentation et d’un relâchement de la surveillance pour se faire la malle.
 
- celle du Lieutenant Français Boulay. Travesti en femme, il s’apprêtait à quitter le château lorsque sa montre tomba. Ses camarades, nullement avisés de sa tentative, se mirent à le siffler, ce qui attira l’attention des gardes sur lui. Trois semaines de cachot à la clef.
 
- celle du Britannique Jack Best. Il ne s’agit pas à proprement parler d’une évasion : il découvrit une oubliette inconnue des Allemands eux-mêmes, et s’y cacha durant toute sa captivité. Il ne ressortait que lors de l’appel quotidien des prisonniers, afin de faire le nombre lorsqu’un camarade s’était échappé. Il hérita du surnom de « Fantôme ».
 
- celles du Néerlandais Hans Larive et du Français François Steinmetz. Au cours d’un match de rugby, des prisonniers formèment une mêlée au-dessus d’une plaque d’égoût. Les deux fuyards en profitèrent pour s’y glisser. Les Néerlandais disposaient d’une méthode audacieuse pour dissimuler la disparition de l’un d’entre eux. Lors de l’appel, ils glissaient dans leurs rangs « Moritz », un soldat en carton réalisé à partir des colis de la Croix-Rouge. Les Allemands, qui réunissaient les prisonniers par colonnes de cinq unités, n’y voyaient que du feu.
 
- celle du Britannique Mike Sinclair. As du déguisement, il se fit passer pour une sentinelle Allemande, moustache factice et revolver en bois à l’appui. Hélas, il ne respecta pas scrupuleusement les gestes de l’homme qu’il imitait, et qui avait pour habitude de jeter un regard au-dessus d’une balustrade à un moment précis de sa ronde. Les Allemands le démasquèrent.
 
- celle d’un groupe de soldats Polonais. Après avoir noué des draps pour constituer une corde de trente mètres de long, ils se firent découvrir car leurs souliers produisaient trop de bruit lors de la descente en rappel.
 
- celle d’un groupe de soldats Français. Ceux-ci creusèrent, neuf mois durant, un tunnel sophistiqué (surnommé le Métro), qui passait sous la chapelle du château. Plusieurs compatriotes formaient des réunions de prières ; leurs cantiques couvraient les bruits des travaux. Les Allemands localisèrent le tunnel peu avant la fin des opérations.

 

 

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