LES COMMANDOS: Britanniques - Francais - Américains

22/12/2012 00:41

 

LES COMMANDOS BRITANNIQUES

Les commandos britanniques (British Commandos) à différencier d'autres unités étrangères d'usages similaires, furent les premières unités militaires de raid, reconnues officiellement par l'Histoire, non rattachées à un régiment, créées par l'armée britannique pendant la Seconde Guerre mondiale dès en juin 1940 qui, employées de manière non conventionnelle et en dehors des tactiques militaires habituelles pour l'époque, malgré une inspiration directe de ce qui se fit durant les guerres récentes précédentes, avaient pour but d'attaquer, désorganiser et mener des opérations de reconnaissance, sur les forces allemandes sur le continent européen.

 

L’homme qui a inventé les commandos en tant que tels, était le lieutenant-colonel, et futur général, Dudley Clarke CBE, CB (1889-1974), aux lendemains sombres et cruciaux de l’opération Dynamo du rembarquement des Forces Expéditionnaires Britanniques à Dunkerque en 1940. Avec l’appel du général de Gaulle à continuer le combat partout en se joignant à lui dans les Forces françaises libres, commençait une forme de résistance. Par la suite, il exista donc des unités françaises distinctes dans les rangs des commandos britanniques, comme pour d’autres nationaux belges, polonais, ou autres nations de pays occupés. Ce n’était pas une légion étrangère, mais une sorte d’armée multinationale. Dutley Clarke était l’assistant militaire du Général Sir John Dill, le chef de l’état major impérial au moment de la défaite des Alliés, Anglais, Belges et Français, et qui se retrouva à la tête de forces britanniques affaiblies, ayant perdu tout leur équipement à Dunkerque. Il s’est souvenu des combats de guérilla livrés par les patriotes espagnols contre la puissante armée napoléonienne .

 

 

Long Range Desert Group

Sur le terrain désertique des grands espaces ouvert d’Afrique du Nord, les missions de reconnaissance présentaient la particularité de navigation solitaire avec peu de points de repères. Le LRDG (Long Range Desert Group) a été formé en 1940 par le commandant Ralph A. Bagnold pour recueillir des renseignements et les transmettre au quartier général. Ces patrouilles couvraient une vaste zone, de la mer Méditerranée au Tchad et de l’Égypte à la Tunisie, sur le flanc désertique des combats le long de la côte. Les camions de ce groupe ont transporté les Forces françaises libres de Leclerc dans leur premier raid sur Mourzouk et Koufra à partir du Tchad avant que les FFL ne possèdent leurs propres véhicules pour de futurs raids et pénétrer en Tunisie et terminer la campagne d’Afrique du Nord en se joignant aux forces britanniques venues d’Égypte et aux forces américaines débarquées en Afrique du Nord lors de l'opération Torch.

 

SPECIAL AIR SERVICE

 D’éclaireurs, la LRDG était devenu transporteur pour la SAS qui aura ses propres véhicules pour des attaques surprises loin derrière la ligne de front avant de disparaître dans la nature. Ces attaques surprises ont maintenu l’adversaire en état d’alerte permanente et ont fixé de nombreuses forces ennemies qui auraient été utiles ailleurs. L'ingéniosité et l'intrépidité de la SAS sont symbolisées par sa devise "Who dares wins" (Qui ose gagne).

David Stirling et Jock Lewes, tous deux sous-lieutenants du bataillon B (Commando n° 8 du lieutenant-colonel Daly), de la Layforce du général Robert Laycock, ont fondé le Special Air Service (SAS) en 1941 ce qui a révolutionné la façon de mener une guerre et de nombreuses forces spéciales actuelles copient ses tactiques. La philosophie du SAS est de rejeter toutes les tactique formelles pour n'en avoir aucune, les improvisations sont au centre de ses succès. La tactique formelle est de l’ordre du principe de Schrödinger "Order from Order " ou principe d’organisation par extension dans l’exécution d’un programme ou recette. Les improvisations sont de l’ordre du principe de von Foerster "Order from Noise" ou principe d’organisation par disponibilité à l’événement.

Lorsque le front s’est déplacé de l’Afrique du Nord en Sicile et en Italie, la SAS s’est adaptée au terrain avec la même philosophie. Lors du débarquement de Normandie, la SAS opérait en Bretagne pour y fixer les troupes allemandes qui y étaient stationnées là. La SAS a participé à toutes les guerres de décolonisation pour devenir une force anti-terroriste.

 

SPECIAL OPERATIONS EXECUTIVE

Ce service très spécial est chargé de susciter et de développer la subversion, le sabotage et la guérilla dans les pays occupés par les forces de l’Axe (Allemagne, Italie, Japon).

Il dispose de Forces disséminées sur l'ensemble des théâtres d'opérations. La Force 6 (Quartier général à Alger, pour les opérations sur le Sud de la France), la Force 101 (Khartoum, opérations en Somalie britannique et en Éthiopie), la Force 133 (Le Caire, opérations dans le bassin Méditerranéen), la Force 136 (Kandy, opérations en Extrême-Orient), la Force 139 (Londres, opérations en Pologne et en Tchécoslovaquie), la Force 266 (Bari, opérations en Yougoslavie et en Albanie) et la Force 399 (Bari, opérations en Europe centrale).

Le SOE est dissous le 15 janvier 1946 et amalgamé au MI6.

 

SPECIAL BOAT SERVICE

La SBS, Special Boat Service, dont la devise est United we conquer (Unis nous conquérons) est l'ancêtre des commandos de marine français et des SEAL américains issus des UDT (Underwater Demolition Team) étendus en Sea Air Land des forces spéciales de lutte contre la guérilla. Mais pas des nageurs de combat, faut'il le préciser qui doivent leur technique aux unités italiennes du Prince Borghése: La Décima Mas ancêtre du Comsumbim, copiée par le monde entier dès sa création.

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LES COMMANDOS FRANCAIS

 

Dès 1940, Winston Churchill décide la création d'une force d'assaut de 20 000 hommes . L'État-major britannique fait rapidement le constat qu'il lui manque de petites unités légères et mobiles, capables de mener des actions de renseignement ou de destruction derrière les lignes ennemies sur les côtes de l'Europe occupées, du rivage atlantique français jusqu'au nord arctique de la Norvège.

 Philippe Kieffer qui a rejoint les Forces française libres en Grande-Bretagne est impressionné par les méthodes des commandos britanniques, surtout le raid mené par les commandos anglais sur les îles Lofoten le 4 mars 1941. En 1942, il constitue la « Troop 1 » des Commandos français avec une vingtaine de volontaires, dans les environs de Portsmouth. Au printemps, le général de Gaulle demande à lord Mountbatten, chargé des opérations spéciales la création d'un commando français de 400 hommes[1]. Les Britanniques sont intéressés par l'apport d'hommes susceptibles d'agir en France, donc connaissant le pays et la langue de leurs habitants. L'enseigne de vaisseau Philippe Kieffer est désigné pour en prendre le commandement.

La formation a lieu avec les commandos britanniques, les bérets verts, au château d'Achnacarry en Écosse. Ce château et les terres environnantes situés dans les Highlands ont été mis à disposition de la Special Service Brigade par le propriétaire, Sir Donald Walter Cameron of Lochiel, chef du clan Cameron. Le cadre est austère et sauvage et la formation particulièrement rude. Philippe Kieffer et ses hommes seront les premiers étrangers à être formés dans ce centre d'entraînement dirigé par le lieutenant-colonel C.E. Vaughan. Les nouveaux arrivants doivent ainsi parcourir 30 km à pied de la gare au château, puis passer devant des tombes fictives de soldats soi-disant morts pendant l'entraînement[. Le bataillon français ainsi formé est placé sous le commandement de Lord Lovat qui dirige la 1re brigade de commandos.

Cette rigueur de l'entraînement tient au fait de la difficulté et la dangerosité des missions qui leur sont confiées derrière les lignes ennemies. Ainsi le 18 octobre 1942, Hitler ordonne d'abattre tous les commandos faits prisonniers.

Le 14 juillet 1942, une compagnie des futurs commandos défile dans les rues de Londres.

 

LES COMBATS

Le 19 août 1942, les Français de la 1re compagnie participent au raid sur Dieppe, l'opération Jubilé, aux côtés des commandos britanniques et canadiens.

En 1943, le 1er bataillon fusiliers marins commando (1er BFMC) est constitué de trois Troops la N°1, la N°8 du Capitaine Trepel et la Troop d'appui (K-Guns). Environ un tiers de ces fusiliers marins sont originaires de Bretagne.

Des commandos français participent au raid sur la plage de Wassenaar en Hollande, au cours duquel six d'entre eux, dont le commandant Charles Trepel, sont tués.

En mai 1944, quelques semaines avant le Débarquement, ils reçoivent leur propre insigne (écu de bronze chargé du brick de l’aventure et barré du poignard des commandos avec dans le coin sénestre la croix de Lorraine et souligné d’une banderole portant l’inscription "1er Bon F.M.Commando "). Ils le portent sur le béret vert « à l’anglaise », c’est-à-dire sur le côté gauche. Le dessin est dû à l’un d’entre eux, le caporal Maurice Chauvet. Le bataillon est alors incorporé au sein du commando N°4 de la Brigade des forces spéciales.

Dans les jours qui précèdent le débarquement, les photos des objectifs sont distribuées aux commandos sans précision du lieu. Mais comme certains des commandos français sont originaires de Normandie, ils reconnaissent les sites prévus, ce qui suscite l'inquiétude de l'État-major anglais, qui décide alors de les cantonner dans leur camp avec interdiction de sortie jusqu'au débarquement. Les 177 hommes ont été répartis en deux « troops » et une section de mitrailleuses « K Gun ».

Promu capitaine de corvette (d'où l'appellation commandant) à la veille du Jour J, Philippe Kieffer débarque le 6 juin en Normandie à la tête de 176 hommes du 1er bataillon de fusiliers marins commandos fort de deux Troops de combat et d’une 1/2 Troop d’appui (K-Guns). Ils débarquent de la barge 527 à 7h55 sur la plage Sword à Colleville-Montgomery à l'est du dispositif allié. Sur ce secteur, ils sont les premiers à débarquer, les barges avec les commandos britanniques les ayant laissé passer en tête comme initialement prévu. Leur objectif est La Brêche, à 500 mètres à l'ouest de Riva Bella.

 

Malgré des pertes significatives, ils s’emparent d’une pièce de 50 mm encuvée qui avait mis à mal la péniche LCI 523 (1re Troop), puis de l'ex-Casino de Riva-Bella, avant de s’enfoncer dans les terres par Colleville et Saint-Aubin-d'Arquenay pour faire jonction à Pegasus Bridge (Bénouville) avec les troupes aéroportées britanniques de la 6e DAP. Ils y arrivent vers 16 h 30. Ils occupent alors les lisières du Plain vers 20 h 00. Au soir du 6 juin, le 1er BFMC aura perdu presque 25 % de ses effectifs : outre les blessés mis hors de combat et évacués, dont le commandant Kieffer touché deux fois dans la journée, deux officiers et huit hommes sont tués . Avec le Régiment de la Chaudière, il fut la seule unité francophone à participer aux opérations.

Les commandos français vont combattre jusqu’au 27 août 1944, puis le bataillon est renvoyé en Grande Bretagne en repos et pour être recomplété. En novembre 1944, le 1er BFMC est débarqué sur l’île de Walcheren en Hollande et il prend Flessingue dans le cadre d’une opération combinée des commandos britanniques.

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LES COMMANDOS AMERICAINS

Le terme de Ranger apparut au XIIIe siècle en Angleterre. Aux États-Unis, il fut d'abord utilisé au XVIIe siècle pour désigner des soldats employés à plein temps du gouvernement colonial britannique pendant les guerre opposants colons et Amérindiens pour patrouiller (« to range », d'où le nom Ranger) entre les points fortifiés afin de repérer d'éventuels raids des Indiens. Dans des opérations offensives, ils agissaient comme guides et éclaireurs pour les unités de milices ou troupes coloniale.

En mai 1942, le 1st Ranger Battalion fut fondé et ses recrues (dont 80 % venaient de la 34e division d'infanterie américaine) commencèrent à être entraînées en Écosse par les commandos britanniques. Lors de l'Opération Jubilee, en Août 1942, 120 soldats du 1st Ranger Battalion débarquèrent aux coté des canadiens sur la plage de Berneval-le-Grand.

En octobre 1942 , le 1st Bn de Rangers participe au débarquement en Afrique du Nord et sera présent à la prise du Port d'Arzew le 8 novembre 1942.Novembre 1942, après avoir visité l'école spéciale d'entrainement au combat du corps à corps des Marines au Camp Pendlenton, le Général Ben Lear met en place une méthode d'entrainement basée sur le combat au corps à corps, l'infiltration en territoire ennemi et les exercices d'attaque simulée.

Méthode qu'il fera appliqué au Camp Forrest dans le Tennessee, école qui sera à patir de fin novembre 1942 spécialement equipé pour l'entrainement des GI's. Son but est de développer la dureté d'esprit et de corps afin que les Rangers deviennent les plus adroits dans l'art de tuer.

Le 27 mars 1943 le 1st Ranger Battalion est envoyé en réserve à Gafsa pour être divisé en trois groupe le 1er, 3ème et 4éme bataillon de Rangers, alors que le 1er avril 1943 un autre groupe est, lui envoyé au Etats-unis pour former les 2éme et 5éme batallion de Rangers.

Ils vont alors subir un entrainement des plus pointu. Tous les corps d'armée y seront représentés, les parachutistes, tankistes, aéro-navales, spécialistes en renseignement ou en démolition, et bien sur les techniques de combats poussés à l'extrême. Tous les entrainements des Rangers se feront à tirs réels.

Un grand nombre de Gi's y laisseront leur vie, d'autres abandonneront, et d'autres encore seront renvoyés dans leur unité. A la fin avril à peine 200 hommes seront encore considérés comme des Rangers.

Le 30 juin 1943, soit presque un an après leur création, le Major James Earl Rudder prend le commandement du 2nd RANGER battalion.

L'entrainement du Camp Forrest va transformer et souder ces hommes en une unité de combattants capables de couvrir 8 km au pas de course le ventre vide, de marcher pendant 3 jours avec plusieurs kilos de matériels sur le dos, de franchir n'importe quels obstacles; d'escalader des falaises ou de démolir et à l'arrivée d'être bien sur prêt à combattre l'ennemi.

 

A la fin de cette période difficile passé au Camp Forrest l'effectif du 2ndRANGER battalion sera de 27 officiers et de 484 hommes.

Du 30 novembre 1943 au mois de mai 1944, les Rangers vont sillonner l' Angleterre allant de BUDE en Écosse jusqu'à Dorchester. Ils inventeront de nouvelles techniques d'escalades, ils testeront de nouveaux matériels presques tous basés sur sur le moyen d'atteindre le sommet de falaises de plus de 30 mètres. Ils devront s'habituer aux LSI, LCA ou au DUKW.et tenter de vaincre le «mal de mer».

Le 5 mai 1944, le 2nd RANGER battalion sera rejoint par le 5th RANGER Battalion commandé par le MAJOR MAX SCHNEIDER pour exécuter ensemble une répétion générale de l'invasion. C'est l'opération FABIUS 1. Mais l'opération est de très grande envergure et ne passe pas inaperçue auprès des allemands. Ceux ci envoient des bombardiers sur le secteur. Aucun Ranger ne fut touché contrairement à la 29 ème Division qui perdra quelques hommes.

Le 31 mai les Rangers subiront encore un bombardement allemand qui ne fera aucun blessés.

Jusqu'au Jour J, les hommes continueront leur entrainement. Ils ont bien sur reçu tout leur équipement personnel, l'armement et ils ont même eu l'occasion de faire part de leur dernières volontés ou de leur testament pour le cas où ! Ils savent que le jour J approche. Certains écrivent peut-être leur dernière lettre, d'autres préféreront chercher encore et encore à améliorer leur équipement... mais tous savent et attendent avec détermination et courage...

Puis le 6 JUIN 1944 0 6H30 c'est l'heure H qui sonne pour des milliers de soldats. Les Rangers embarquent pour lancer leur assaut sur la POINTE DU HOC.

Bien que les bataillons les plus connus sont les 2nd et 5th Ranger Bn, il n'étaient pas les seuls. 6 Bataillons en tout ont participés aux conflits de la WW2.



 

Une partie du 1st, plus la création du 3rd et 4th Bn furent préparés par W; Darby en Afrique, pour l'invasion de l'Italie et de la Sicile.
Le 2nd et le 5th Bn furent créés pour le D-Day en Normandie.
Le 6th Bn servit quant à lui dans le Pacifique.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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