Les cheminots dans la résistance

03/04/2014 18:53
Durant les quatre années de la seconde guerre mondiale, les agents de la S.N.C.F en grand nombre, se sont refusés comme de nombreux français, à la collaboration que l'occupant exigeait d'eux. Dans cette lutte sourde, les cheminots avaient, sur beaucoup de leurs camarades de combat, le double avantage d'occuper une position stratégique de premier ordre, le chemin de fer étant un élément de conduite de la guerre moderne et de bénéficier par tradition et par obligation professionnelle, d'une cohésion et d'un esprit de corps très développé C'est ainsi que toutes les formes de résistance furent pratiquées par les cheminots.

La résistance passive

Elle constitue la forme primitive et jusqu'au bout la plus généralisée de l'opposition Anti-Allemande. Dès l'installation des organismes de contrôle ennemi, toute l'ingéniosité des cheminots s'applique à brouiller et à retarder les transports ferroviaires allemands.Toute une gamme de procédés furent employés, à savoir :Lenteur admistrative, perte de documents, petit incident qui devenait véritable avarie et nécessitait le transbordement des marchandises, erreur sur un relevé de train, erreur d'étiquetage d'un wagon ou étiquettes enlevées. Ainsi des wagons isolés destinés à l'armée allemande ont été égarés puis retrouvés plusieurs fois. Certains ne sont jamais parvenus à destination.
Transports clandestins ou liaisons clandestines.
Ceux qui ont connu ces heures là se souviennent des entraves apportées durant plusieurs années par les Allemands à la circulation des voyageurs et des courriers dans les zones crées par l'armistice : zone occupée, zone interdite, zone libre.
Beaucoup de cheminots se sont occupés rapidement du "passage de la ligne". Les lettres prirent l'habitude de voyager dans les sacoches du chef de train ou dissimulées dans le coin le plus sombre du fourgon à bagages
La casquette au monogramme de la S.N.C.F et le brassard rouge et vert du cheminot dissimulèrent bien souvent des voyageurs dont la capture aurait réjoui les agents de la gestapo.

Renseignements

Une grande partie du déplacement des troupes et du matériel, même lorsqu'il s'agissait d'éléments blindés se faisait par voie ferrée dès que le parcours atteignait une certaine importance. Ce fut le cas notamment pour les convois en provenance d'Allemagne, des pays de l'Est, du Sud ou Sud-Ouest de la France se dirigeant vers les lieux du débarquement allié.
Les sabotages
Ils constituent un vaste et dangereux domaine qui par l'importance extrème des résultats obtenus, la variété des procédés employés et la gravité des risques courus, prit la première place dans la hièrachie des activités clandestines des cheminots.
Les sabotages prirent une plus grande importance dès le débarqement.
Voici le message passé sur les antennes de radio Londres le 5 juin 1944, donnant aux cheminots l'ordre de saboter le plus possible les installations ferroviaires : "Croissez roseaux, bruissez feuillages, il faut être dispos dès le réveil".Les sabotages ont alors été multipliés contre les installations fixes, les gares, les voies, les ouvrages d'art, les appareils de voies, grues de relevages, etc. C'était tantôt un pétard, tantôt un déboulonnage, ailleurs une machine lancée à contre-voie qui venait s'écraser sur un train de sens inverse.
Dans ces actions, les cheminots étaient souvent aidés par des groupes spécialisés de résistants non cheminots.
Il y aurait des centaines de cas à relater, trains d'essence bloqués à la suite d'un déraillement et détruits par l'aviation alliée prévenue par radio, division blindée retardée de 15 jours pour venir du Sud ou de l'Est de la France.
Participation à l'insurrection nationale
Le 10 août 1944, les cheminots déclenchaient une grève, ce fut le début de l'insurrection qui aboutit à la libération de Paris.

Bilan

de 1941 à 1944 : 4208 sabotages par explosifs, 1392 déraillements, 1812 sabotages divers.
de 1942 à 1944 : 2709 locomotives, 1721 voitures, 10591 wagons détruits.
Durant ces années sombres, des millions de renseignements furent communiqués à Londres, des centaines de convois militaires allemands retardés, des dizaines de milliers de soldats paralysés, des centaines de chars, des millions de litres d'essence, des centaines de tonnes d'approvisionnements bloqués et offerts aux coups destructeurs de la R.A.F.
Les cheminots ont lourdement payé ces efforts pour la libération de notre pays. De 1941 à 1944, parmi les milliers d'entre eux arrêtés, 807 furent fusillés et 1157 moururent en déportation.

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