Les bombardements de l'usine Renault à Boulogne-Billancourt

26/04/2014 11:09
Raid de la 8th Air Force au dessus des Hauts de Seine
 
Le 1er mars 1942, un groupe de Whitley de la Royal Air Force larguait plusieurs milliers de tracts sur Boulogne-Billancourt, proche banlieue de Paris. Encadrés d’'un filet bleu-blanc-rouge et paraphés de drapeaux français et anglais entrecroisés, ce tracts s’adressaient « aux populations de la France occupée » : « Il y a quelques mois, nous avons annoncé notre intention de bombarder en France occupée les usines qui travaillent pour le compte d' ’Hitler. Nous savions d’'avance que vous approuveriez cette décision. En France comme ailleurs, nos objectifs sont choisis d’'après des renseignements précis. Nous viserons aussi exactement que possible, et nous connaissons notre affaire. Il y aura fatalement des bombes qui passeront à côté. Aidez-nous à éviter les pertes de vie françaises. Mettez vous à l’abri. »
Des renseignement précis devaient permettre d'’organiser le raid aérien sur les usines Renault du quartier de Billancourt dans l’îles Seguin. Des usines tournant à plein pour la fabrication de chars d’assaut pour la Wermacht, sous le contrôle régulier de commissaire allemands.
Au début du mois de février 1942, un professeur de géographie du nom de Louis François, ancien officier du chiffre au sein de la 4ème division cuirassée du colonel De Gaulle, multipliait les exploits au sein du groupe de résistance « Confrérie Notre-Dame » du colonel Remy.
Quelques mois avant de tomber au mains de la Gestapo, il réussissait à se procurer le plan complet des usines Renault et la nature précise de leurs productions : des panzers II, des panzers III, des pièces détachées destinées au Panzer IV.
Ces documents parvenaient au Ministère de l’'Air à Londres. Le feu vert donné par Winston Churchill, il revenait à sir Arthur Harris, commandant en chef du Bomber Command, secondé par sir Charles Portal, responsable des bombardiers, d’'exécuter l’'une des missions les plus spectaculaires de ces deux premières années de guerre.
Lors du briefings successifs au QG du Bomber Command, la tactique fur clairement définie en un bombardement de zone , de nuit avec des appareils doté du nouveau système de radio navigation GEE. Le bombardement se ferait à moyenne altitude par vague successives, après balisage de l’'objectif par bombes éclairantes. Le but de la mission était de détruire l’'usine sans faire de victimes dans la population, en se montrant digne de la devise du Bomber Command : « Strike hard strike sure » (Frapper fort, frapper juste)
Le 2 mars 1942, peu après 23h, 235 appareils de la RAF décollaient d’un aérodrome du Lincolnshire. Quand ils survolèrent la région parisienne, ni les sirènes, ni la Flak, ne se manifestèrent. L’'avertissement formulé par les tractes l’'avant-veille n'’avait apparemment pas semé d’inquiétude. L’enfer s’abattit alors sur le complexe industriel balisé auparavant par des bombes de jalonnement. Pendant une heure, se succédèrent trois vagues de bombardiers Halifax, Hampden et Manchester qui larguèrent à environs 500 mètres d'’altitude quelques 470 tonnes de bombes explosives de 500 et 2000 kg. Tous les appareils sauf un Wellington abattu par la Flak, regagnèrent leurs bases.
Les photos révélèrent l’'ampleur des dégâts causés aux usines Renault, mais aussi celle des ravages commis dans Billancourt et les communes avoisinantes, Clamart, Montrouge, Bougival, Le Pecq. Des décombres de quelques 200 immeubles éventrés, les équipes de la défense passive retirèrent 633 morts et 1500 blessés.
Le 4 avril 1943, à Boulogne-Billancourt, ils prirent cette fois l’'aspect des pilotes américains de la VIIIème Air Force, soucieuse de montrer à leurs amis de la RAF la fiabilité de leur technique de bombardement. 85 bombardiers lourds, la plus grosse formation américaine jamais utilisée, survolèrent Boulogne-Billancourt en début d’après-midi. En formation groupée, volant à 400m d’altitude, les quadrimoteurs firent un seul passage, larguant leur bombes de 250 et 500kg, dispersées dans un rectangle de 5,5 km de long sur 2 km de large, avec une forte densité autour des usines Renault, touchées par 160 bombes explosives.
Donnée une minute avant la chute des bombes, l’'alerte surpris la population ; de nombreux piétons furent fauchés en pleine rue, tué par le seul effet du souffle des explosions. D’autres périrent dans des abris insuffisants. Le raid tua 357 personnes et blessa 519, mi à mal quelques 500 immeubles, endommagea sérieusement l’hôpital Ambroise Paré et plusieurs cliniques.
Source:
Image de guerre - Marshall Cavendish
La grande Histoire de la seconde guerre mondiale - P.Montagnon - France Loisirs
L'Encyclopédie de l'histoire - Larousse

 

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