Le sabotage d'un dépôt de munitions à Jonzac

13/05/2014 16:33

Pierre Ruibet était un résistant français, né le 9 juillet 1925 à Grenoble, et Mort pour la France le 30 juin 1944 à Jonzac.

Ancien enfant de troupe à l'école d'Autun, il tente au début de l'année 1943 de gagner Londres via l'Espagne, mais il échoue. En cours d'année, il travaille pour une entreprise posant des câbles téléphoniques dans le Massif central et servant de couverture à la Résistance. Fin 1943, il arrive à Jonzac (Charentes Maritime ) dans la famille de son ami Michel Robert.

Début 1944, il réussit à se faire engager au dépôt de munitions de Jonzac. Parlant un peu allemand, il gagne rapidement la confiance de l'occupant. Par le biais du groupe-franc "Alerte", appartenant à l'Organisation civile et militaire, il fait passer à Londres, un plan du dépôt, ainsi qu'une estimation du stock de munitions. Il estime celui-ci à près de 120 trains de munitions. Il est le dépôt de la Kriegsmarine pour l'Atlantique et la mer du Nord, et par l'importance, c'est le deuxième dépôt de l'armée allemande en France. Les munitions sont stockées dans les carrières d'Heurtebise, à vingt mètres sous terre, et défendues par 26 mitrailleuses, et plusieurs canons de 37 mm, de 77 mm, de 105 mm. Il est impossible le détruire par un bombardement, ou par un raid de commando. Seule solution, un sabotage.
 
Le 4 juin, l'ordre est donné de détruire le dépôt.
Après plusieurs tentatives le 30 juin à 8h30, il parvient, aidé de son ami Claude Gâtineau à saboter le dépôt. Repéré par une patrouille allemande, il se sacrifie en mettant directement le feu aux mèches. Pendant trois jours, les explosions se succèderont. Son camarade Gâtineau sera fusillé le lendemain. Le commandant allemand de la place de Jonzac déclara au maire de la commune et au sous-préfet : « Ruibet nous a porté un coup mortel. Nous n'aurions pas cru cela de ce garçon. Nous avions toute confiance en lui. Il nous a trompés. Mais c'était un brave. » Son cadavre sera retrouvé quelques jours plus tard.
Il est Chevalier de la Légion d'honneur, compagnon de la Libération à titre posthume (décret du 29 décembre 1944) et Cité à l'Ordre de la Nation. Une rue de Grenoble porte son nom.

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