le retour du général De Gaulle en Normandie

26/02/2015 19:20

Le matin du 14 juin 1944, à Portsmouth, le capitaine de corvette André Patou, commandant du torpilleur français La Combattante se voit donner l'ordre de se rendre à 8h30 devant le quai d'honneur du port. Il ne sait pas encore qu'il doit emmener le général de Gaulle en Normandie. 

Cap sur la Normandie :
« Je pars pour visiter la tête de pont. Depuis plusieurs jours j'étais prêt à ce voyage. Mais les Alliés ne s'empressaient pas de me le faciliter.  Aussi, le brave contre-torpilleur la Combattante, que commande le capitaine de corvette Patou et qui vient de se signaler au cours des opérations, peut-il, comme prévu, toucher Portsmouth et m'y prendre à son bord. Le 14 juin, en fin de matinée, nous jetons l'ancre au plus près de la côte française et prenons pied à la limite des communes de Courseulles et de Graye-sur-Mer au milieu d'un détachement canadien qui débarque au même moment. » 
Courseulles-sur-Mer
Le 14 juin 1944, le général de Gaulle traversa la Manche à bord du navire français La Combattante 
 
Le général Charles de Gaulle, les généraux Béthouart et Koenig, l'amiral d'Argenlieu, Gaston Palewski, Pierre Viénot, Pierre Billotte, François Coulet, Pierre de Chevigné, Geoffroy de Courcel, Pierre Laroque et Claude Hettier de Boislambert, attendant pour traverser la Manche et se rendre en Normandie. La délégation emporte avec elle un trésor de 250 millions de francs pour contrer l'introduction du billet drapeau, le franc d'occupation américain. Le général et ses accompagnateurs débarquent le lendemain 14 juin pour débarquer à Courseulles Sur Mer et faire une visite d'une journée à Bayeux, Isigny-sur-Mer et Grandcamp-les-Bains avant que de Gaulle et quelques autres ne réembarquent sur La Combattante le soir même pour retourner en Angleterre.
Le général De Gaulle à Courseulles Sur Mer

LE SACRE DE BAYEUX

Le 14 juin, à Bayeux, première ville française libérée, le général de Gaulle va rencontrer les Français. Outre l'émotion, le moment est capital car son poids politique futur dépendra pour beaucoup de l'accueil qui lui sera réservé…
 
« Nous sommes tous émus en nous retrouvant ensemble, dans l'une des premières villes libérées de la France métropolitaine, mais ce n'est pas le moment de parler d'émotion. Ce que le pays attend de vous, à l'arrière du front, c'est que vous continuiez le combat aujourd'hui, comme vous ne l'avez jamais cessé depuis le début de cette guerre et depuis juin 1940 ; Notre cri maintenant, comme toujours, est un cri de combat, parce que le chemin du combat est aussi le chemin de la liberté et le chemin de l'honneur.
C'est la voix de la mère patrie. Nous continueront à faire la guerre avec nos forces de terre, de mer et de l'air comme nous la faisions aujourd'hui en Italie, où nos soldats se sont couverts de gloire, comme il le feront demain en terre métropolitaine. Notre Empire entièrement rassemblé autour de nous, fournit une aide énorme. Nous combattrons pour la France avec passion, mais aussi avec raison.
Vous qui avez été sous la botte de l'ennemi et avez fait partie des troupes de la Résistance, vous savez ce qu'est cette guerre. C'est une guerre particulièrement dure, cette guerre clandestine, cette guerre sans armes. Je vous promets que nous continuerons la guerre jusqu'à ce que la souveraineté de chaque pouce de territoire français soit rétablie. Personne ne nous empêchera de la faire. Nous combattrons aux côtés des Alliés, avec les Alliés, comme un Allié. Et la victoire que nous remporterons sera la victoire de la liberté et la victoire de la France.
Je vais vous demander de chanter avec moi notre hymne national, la Marseillaise. »
Discours prononcé à Bayeux, le 14 juin 1944.
 
Courseulles Sur Mer
 

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