Le régiment de la chaudière

15/03/2014 21:30
 
 
Si le recrutement ne s’attire pas l’intérêt de la population québécoise, de jeunes hommes désireux de combattre pour la liberté s’engageront néanmoins dans les troupes royales canadiennes, certains à titre individuel dans des unités anglophones, d’autres rejoignant les régiments francophones comme le célèbre Régiment de La Chaudière, unité de milice fédérale créée en 1936 et mobilisée dès 1939. Pour tous ces garçons, l’assaut sur les plages normandes constitue un formidable symbole, celui du retour au pays de leurs ancêtres… Ce sera aussi une immense émotion pour les populations libérées par ces « Tommies » qui parlent français, et avec lesquels, bien souvent, ils se lieront d’amitié.
Ainsi, trois régiments francophones prendront part à la Bataille de Normandie : le Régiment de la Chaudière, le Régiment de Maisonneuve et le Régiment des Fusiliers du Mont-Royal.
 
Le régiment entra en action le 6 juin 1944 lors du débarquement de Normandie en tant que membre de la 5e Brigade d’infanterie canadienne, au sein de la 2e Division d'infanterie canadienne. Commandé par le lieutenant-colonel Paul Mathieu, le Régiment de la Chaudière débarqua à Bernières-sur-Mer (Juno Beach) sitôt après The Queen's Own Rifles of Canada surprenant la population locale qui ne s'attendait pas à rencontrer des troupes francophones parmi les forces alliées. Avec le commando Kieffer, il fut le seul régiment francophone à participer aux opérations du débarquement du 6 juin. 
Troupes du Regiment de la Chaudière progressant dans Bernières-sur-Mer.
 
Le soir du Jour J, le régiment avait atteint tous ses objectifs, mais dut se replier parce que les autres unités de la ligne de front n'ont pu progresser aussi loin que lui à l'intérieur des terres.
Le régiment participa ensuite à la bataille de Caen, subissant de nombreuses pertes dans la lutte pour la prise de l'aérodrome de Carpiquet, le 4 Juillet 1944. L'aérodrome était un des objectifs réussis du Jour J, mais dut être abandonné suite au repli.
Le régiment tint ensuite différentes positions de défense. Il participa aux actions de la bataille de l'Escaut, notamment dans les actions de la poche de Breskens, entre le 6 octobre 1944 et le 3 novembre 1944. La ville de Zwolle aux Pays-Bas fut par ailleurs libéré par Léo Major, membre du régiment, lors d'une mission spéciale.
Pendant les combats, le régiment forma un second bataillon pour le renfort. Le 1er bataillon est de retour au Canada le 30 décembre 1945 et le 3e bataillon finit sa tâche d'occupation au printemps 1946. Le 1er décembre 1947, la princesse Elizabeth II devint officiellement la colonel-en-chef du régiment.

HONNEURS DE BATAILLE

Les honneurs de bataille sont le droit donné par la Couronne au régiment d'apposer sur ses couleurs les noms des batailles ou d'opérations dans lesquelles il s'est illustré.
Les dix honneurs de bataille apparaissant sur le drapeau régimentaire :
Débarquement en Normandie (6 juin 1944)
Falaise (7 au 22 août 1944)
L'Escault (1er octobre au 8 novembre 1944)
La Rhénanie (région ouest d'Allemagne, 8 février au 10 mars 1945)
Carpiquet (Normandie, 4 et 5 juillet 1944)
Faubourg de Vaucelles (Normandie, l'un des quartiers de Caen, 18 et 19 juillet 1944)
Boulogne (Nord de la France, 17 au 22 septembre 1944)
Hochwald (Allemagne, 26 février au 4 mars 1945)
Emmerich-Hoch Elten (Rhénanie, 28 mars au 1er avril 1945)
Zutphen (Hollande) (6 au 8 avril 1945)
Les neuf autres honneurs de bataille autorisés :
Caen (Normandie, 4 au 18 juillet 1944)
Crête de Bourguébus (Normandie (18 au 23 juillet 1944)
La Liaison (Normandie, probablement hameau vers Falaise, 14 au 17 août 1944)
Chambois (Normandie, 18 au 22 août 1944)
Calais (Nord de la France, 25 septembre au 1er octobre 1944)
Poche de Breskens (11 octobre au 13 novembre 1944)
Plaine du Waal (rivière néerlandaise dans le delta du Rhin, 6 février au 10 mars 1945)
Le Rhin (23 mars au 1er avril 1945)
Nord-ouest de l'Europe 1945 (6 juin au 5 mai 1945)

 

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