Le jour le plus long histoire du tournage

26/05/2014 13:28

LE JOUR LE PLUS LONG HISTOIRE DU TOURNAGE

C'est le producteur français Raoul Levy qui est à l'origine du projet et tente en vain, de monter le film. Il avait les droits du livre Cornelius Ryan et les a revendu à Darryl F. Zanuck .Le général Eisenhower, commandant en chef des forces alliées au moment du débarquement, a été conseiller technique sur ce film.  Il est sorti en 1962 ,réalisé par Ken Annakin, Andrew Marton, Bernhard Wicki, Gerd Oswald et Darryl F. Zanuck. 
Coffret 70 éme anniversaire sortie prévue le 6 juin 2014

Les lieux de tournage

Studios de Boulogne
Corse, plage de Saleccia dans les Agriates (au nord de l'île) pour les scènes du débarquement. En 1961, des constructions avaient modifié le paysage des côtes normandes, alors que la plage de Saleccia, qui n'est desservie par aucune route, restait intacte.
Normandie :
Batterie de Longues-sur-Mer
Pont ferroviaire Caen 
Bénouville Pégasus Bridge 
Port-en-Bessin 
Pointe du Hoc 
Sainte-Mère-Église 
Île de Ré :
Saint-Clément-des-Baleines (Conches des Baleines)
Plage sud de Rivedoux-Plage.
Région Parisienne :
Château de Chantilly
Le tournage du film à Sainte-Mère-Église 

Vérité historique du film

Dans le film, trois parachutistes français atterrissent près d'une résistante qui leur envoie des signaux lumineux. Ils doivent neutraliser une ligne de chemin de fer avec l'aide de maquisards. Ils sont parachutés avant les Américains.
Cette scène est authentique car 36 parachutistes français du Special Air Service (S.A.S.) furent parachutés à minuit, en quatre groupes sur la Bretagne pour créer deux bases parachutistes, encadrer la Résistance bretonne avec le parachutage de renforts les nuits suivantes et neutraliser le réseau ferré breton pour retarder l'envoi de troupes allemandes vers le front de Normandie. Le parachutiste français Émile Bouétard fut tué au combat à Plumelec à  00h40 ce 6 juin 1944.
L'atterrissage des deux parachutistes dans la cour d'un bâtiment d'un QG allemand est fondé sur le livre de Cornelius Ryan. Malheureusement, on voit le général Von Salmuth sortir de ce QG alors qu'il se trouvait à ce moment-là à Tourcoing (Nord).
Afin d'éviter un anachronisme évident, dans les scènes tournées sur la place de Sainte-Mère-Église, on voit un gros tas de sacs de sable en bordure de la rue (l'ancienne RN 13), sans raison apparente : ce tas a été construit pour le tournage afin de dissimuler le monument qui commémore le débarquement.

Erreurs historiques volontaires et involontaires

Lors de l'attaque du pont de Bénouville (Euston 1 renommé plus tard Pégasus) sur le canal de l'Orne par les aéroportés du major Howard (2nd Battalion, the Oxford & Bucks Light Infantry), on voit sous le pont quelques Britanniques décrocher les charges de destruction. En réalité, ces charges étaient sur les « rambardes » de chaque côté. De plus, les Allemands les enlevaient chaque soir, de crainte que les résistants ne les retournent contre eux. En outre, le film montre une résistance acharnée, alors que ce soir-là le pont n'était gardé que par trois soldats allemands. Dans la nuit, les hommes de Howard sont renforcés par le 7th Parachute Battalion (1st Airborne Division) bien avant l'arrivée de la 1st Special Service Brigade de Lovat (13 h). Enfin, lors de la relève par les commandos, le Bag Piper de Lord Lovat, Bill Millin n'a pas traversé le pont en sonnant. Lors de la prise du pont, on peut apercevoir un transformateur EDF sur un poteau, or ce type de transformateur est apparu en 1961.
La scène, où le Lieutenant-colonel Benjamin H. Vandervoort de la 82e division aéroportée (interprété par John Wayne) montre l'utilisation du criquet (cricket), est totalement fictive. La 101e division aéroportée fut la seule unité à posséder et à utiliser ce criquet pendant la nuit du 5 au 6 juin 1944 en Normandie. Ce jouet en laiton composé d'une lame ressort (fabriqué en 1944 par l'entreprise anglaise THE ACME) permettait aux parachutistes isolés lors des largages de se retrouver et de se regrouper. Le principe : pour une pression sur la lamelle métallique (clic-clac) afin de demander l'identification, la réponse devait consister en une double pression (clic-clac - clic-clac)
Ce même lieutenant-colonel porte au début du film sur son casque le bon insigne de grade mais à partir de la scène de la charrette, il arbore à tort l'insigne de colonel sur son casque (Vandervoort avait été promu Lieutenant-colonel le 2 juin 1944).
 
Dans la scène où John Wayne monte sur la charrette après s'être fracturé la cheville, on aperçoit un parachutiste américain portant une veste M43 (M43 Field Jacket). Cette scène est non réaliste car cette veste n'était pas en dotation le 6 juin 1944 pour les parachutistes américains des 82e et 101e divisions. Ils portaient tous et sans exception la veste de saut M42 (M42 Parachute jumper coat). Ils ne vêtiront la veste M43 qu'à partir de septembre 1944, lors de l'opération Market Garden. Cette veste de combat sera la dotation officielle des unités américaines jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Toujours dans la scène de la charrette, le Lieutenant-colonel Benjamin H. Vandervoort est montré avec la cheville droite cassée. Cet évènement est non conforme, car en réalité le Lieutenant-colonel Benjamin H. Vandervoort s'est fracturé la cheville gauche lors d'un saut près de Sainte-Mère-Église, le 6 juin 1944.
 
Le parachutiste John Steele, resté pendu au clocher de l'église de Sainte-Mère-Église, n'est pas resté accroché côté « place de l'église », mais de l'autre côté (côté presbytère). Pour des raisons esthétiques et de profondeur de champ, Zanuck a « accroché » Steele du côté de la place.
Il est à noter cependant qu'Alexandre Renaud, à l'époque maire de Sainte-Mère-Église, et auteur d'un ouvrage intitulé Sainte-Mère-Église, Première tête de pont américaine en France, 6 juin 1944, ne fait pas mention - chose curieuse - de ce parachutiste resté accroché au clocher de l'église. De toute manière, cet épisode reste pour le moins assez surprenant, car selon Alexandre Renaud, le clocher était déjà occupé par la Flak (DCA allemande) qui tirait à la mitrailleuse sur les parachutistes en cours de descente et dont beaucoup tombaient dans les marais environnants en restant empêtrés dans les branchages... En bonne logique, ce parachutiste resté accroché n'aurait donc pu échapper aux balles allemandes...
Au cours du film, le parachutiste John Steele explique être resté 10 heures d'affilée pendu au clocher. En réalité il y sera resté deux heures, faisant le mort, avant d'être finalement récupéré par les Allemands et fait prisonnier. Il s'échappera quelques jours plus tard.
La prise du casino d’Ouistreham par le commando Kieffer est largement fantaisiste, le casino avait été rasé par les Allemands qui l'avaient remplacé par un bunker. De plus, cette scène a été tournée à Port-en-Bessin dont on voit la tour Vauban. En outre, aucune religieuse n'est jamais intervenue pour assister les commandos français.
Le mitraillage des plages par deux FW190 (dont un piloté par l'Obstlt Josef « Pips » Priller) a entretenu le mythe que seuls deux avions allemands ont attaqué ce jour-là. En réalité, plusieurs Staffeln, une petite centaine d'appareils, ont effectué un total de plus de sept cent sorties, dont vingt-deux contre la flotte alliée, principalement l'après-midi. De nombreux avions ont été abattus, vu la suprématie aérienne alliée. Des JU 87 Stukas obsolètes ont été mis en ligne, dont 5 furent abattus.
Les deux avions représentés ne sont pas des FW190, mais des Messerchmitt Bf 108 Taifun, avions d'entrainement et de liaison.
Les obstacles sur les plages de débarquement sont inversés. Dans le film la pointe est orientée vers la mer alors qu'en réalité elles étaient dirigées vers les terres de façon à ce que les péniches de débarquement y soient « guidées » jusqu'à une mine.
Les deux parachutistes, qui arrivent dans la cour d'un QG allemand, ne peuvent rencontrer le général Von Salmuth qui commandait la 15earmée allemande à Tourcoing (Nord).
 
Les paradummies, ces poupées parachutistes larguées pour tromper les Allemands, apparaissent comme des mannequins très sophistiqués alors que c'était en réalité de simples et grossières poupées de chiffon.
Paradummies du film et vrai paradummies largué le 6 Juin

Problèmes de raccord

Dans la scène de la pointe du Hoc, on peut voir un ranger n'ayant pas son chargeur clipsé à son fusil.
Lors du mitraillage de la plage par les deux chasseurs allemands, on peut remarquer certains chars en « trompe l'œil », en réalité de simples panneaux de bois reproduisant des chars; on peut noter aussi l'interruption des défenses côtières au fond du plan.

VIDEO INA.FR

Le tournage du film , les interviews des acteurs et le témoigniage de Philippe Kieffer. 25 min

© 2011 Tous droits réservés.

Optimisé par le service Webnode