Le groupe de chasse Normandie Niemen

16/05/2016 18:00

En 1942, le général de Gaulle, considérant comme important que des soldats français servissent sur tous les fronts de la guerre, décida d'engager des forces sur le front de l'Est. Le général de Gaulle envisagea tout d'abord d'envoyer une division mécanisée (la future 1re division française libre du général de Larminat) sur le front de l'Est, mais l'opposition anglaise ajoutée aux difficultés de ce projet et l'avis du général Valin, commandant des Forces aériennes françaises libres, lui firent opter pour l'envoi d'une unité aérienne en lieu et place d'une division.

Insigne de l'escadron

La création effective du Groupe de chasse « Normandie-Niémen », n'est datée que de la fin 1942 (la première date mentionnée dans le journal de marche de l'escadrille est le 15 septembre 1942.), sous le seul nom de « Normandie ». Joseph Pouliquen suggéra le nom Normandie pour le (G.C.3), il aurait préféré nommer ce groupe du nom de sa province, la Bretagne, mais celui-ci était déjà utilisé par un Groupe de bombardement. Il était constitué d'un groupe de pilotes de chasse et de mécaniciens français, tous volontaires. Le premier groupe fut constitué de quatorze pilotes de chasse et de cinquante-huit mécaniciens. Y étaient adjoints dix-sept mécaniciens soviétiques. 

Cependant, avant le départ du 24 octobre 1942, le Commandant Pouliquen et Colonel Corniglion-Molinier en compagnie des commandants Denis et Tuslane, remirent respectivement le fanion de l'escadrille et les insignes aux armes de Normandie aux membres de l'Unité.

Première campagne (22 mars 1943 - 6 novembre 1943)

Le groupe fut engagé à partir du 22 mars 1943, dans la 1re armée aérienne soviétique, et s'illustra dans la bataille de Koursk-Orel au cours du mois de juillet. Son commandant Jean Tulasne et son adjoint Albert Littolff furent tués au cours de cette bataille. Le commandant Pierre Pouyade, qui avait rejoint le Normandie après son évasion d'Indochine, prit le commandement. En août, les mécaniciens français commandés par Alex Michel et Louis Duprat, les deux officiers mécaniciens, furent dirigés vers le Moyen-Orient et définitivement remplacés par des mécaniciens soviétiques aux ordres de l'ingénieur-capitaine Sergueï Agavelian. Là aussi, des considérations de formation au matériel soviétique avaient prévalu.
En mai 1943, le maréchal Keitel avait donné l'ordre selon lequel les pilotes français capturés sur le front Est devaient être immédiatement fusillés sur place.
Retiré exsangue à l'orée de l'hiver, le groupe Normandie est transformé en régiment à quatre escadrilles grâce au renfort de nombreux pilotes venus d'Afrique du Nord.
Le pilote français Bruno de Faletans, mort en mission, et une opératrice radio soviétique en avril 1943.

Deuxième campagne

Joseph Staline attribua à l'unité le nom de Niémen le 21 juillet 1944 pour sa participation aux batailles du fleuve Niémen. L'unité recevra de nombreuses distinctions militaires, aussi bien soviétiques que françaises, et, fin 1944, les aviateurs du « Normandie-Niémen » furent les premiers Français à entrer militairement en Allemagne.
Les 16 et 17 octobre, Normandie, engagé dans l'opération Gumbinnen – offensive malheureuse sur la Prusse-Orientale –, battit un record en abattant
 41 avions allemands sans une perte.
Fin novembre 1944, le colonel Pierre Pouyade donna l'ordre de faire repeindre sur les Yaks l'emblème du Normandie-Niemen en y ajoutant l'éclair blanc qui était l'emblème de la 303e division aérienne à laquelle le régiment Normandie-Niemen appartenait.
Retiré du front à l'approche de l'hiver, le régiment se déplaça à Moscou afin d'accompagner la visite diplomatique du général de Gaulle à Staline, et y reçut ses médailles et honneurs. Un quart des pilotes obtinrent également une permission en France, réduisant le groupe à trois escadrilles.
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Troisième campagne

De janvier à mai 1945, Normandie participa à l'invasion de la Prusse-Orientale et au siège de Koenigsberg.
 
Il avait été décidé en décembre de transformer le régiment Normandie en division aérienne "France" par le renfort d'un groupe de chasse dénommé "Aquitaine" ainsi que d'un groupe de bombardiers, mais la fin de la guerre mit un terme à ce projet.
Début juin 1945, un décret de Staline accorda aux combattants le droit de s'en retourner avec leurs armes. Il fut fait don à chacun de son Yak-3 à titre personnel. Ce point donne lieu à contestations. Le 20 juin 1945, les aviateurs français retrouvèrent la France en se posant au Bourget, où ils furent accueillis en héros.
 
La chronologie du retour est la suivante :
 
« Le 15 juin, aux ordres du général Zakharov, les 40 appareils du Normandie Niemen s’envolent pour Posen * Le 16, les pilotes sont à Prague * Le 17, ils sont à Stuttgart où ils sont reçus par le général de Lattre de Tassigny * Le 20, ils arrivent à St Dizier et repartent l’après midi pour Paris le Bourget où ils sont accueillis avec enthousiasme.
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