La poche du Medoc

03/08/2014 15:48
29 juin 1940 : les Allemands franchissent l'estuaire par le bac "Cordouan". C'est le début de l'Occupation. De 1941 à 1943, l'organisation Todt édifie le Mur de l'Atlantique. La forteresse de la pointe du Médoc, la Festung Gironde sud, qui compte 350 bunkers, bloque la Gironde avec celle du nord, installée à Royan.
Elle sera l'un des derniers réduits allemands sur le territoire français, libérée en avril 1945 par les Forces françaises de l'Intérieur emmenées par le colonel de Milleret – dit Carnot – après huit mois de siège.«Tous les bunkers de la forteresse de la pointe du Médoc existent encore. 
«Les forteresses de l'Atlantique étaient destinées à empêcher les Alliés d'utiliser les ports, à repousser d'éventuels débarquements et, en cas de renversement de situation, à permettre aux troupes allemandes de se redéployer. Celle de la pointe du Médoc, construite de début 1942 à fin 1943, s'étendait de Soulac à Talais, au sud, avec une ligne de défense avancée de Montalivet à Jau, en passant par le pont du Gua. Le sud de la forteresse était protégé par un fossé antichars.
Celui-ci comprenait une partie naturelle, un chenal de drainage, de l'estuaire jusqu'à la route de Bordeaux, large de 6 m, profond de 2 à 4 m selon les marées et empli de vase. Au-delà, le fossé était creusé dans le sable et maintenu par des troncs d'arbres, avec des mines et des barbelés.» 
Le fort des Arros
 
Les 350 bunkers de la forteresse, de taille variable selon leur fonction (poste de combat, de commandement, soute à munitions, abri, réserves de vivres, etc.), étaient répartis en ensembles de 10 à 25 pour former un point d’appui. «Les Allemands avaient de quoi tenir un siège d'au moins deux ans, Les soldats Allemands étaient surarmés, avec trois armes minimum par homme. 
Au nord de Soulac, le point d’appui S307(Les Arros) était l'un des principaux points d'appui, avec une importante station radar à la position 305 A équipée du " radar Mammut", un appareil portant à 300 km à la ronde.
A la pointe de Grave, à la Chambrette, deux énormes canons Krupp de 280 mm, les "Cerbères de la Gironde", surveillaient l'estuaire. Montés sur une plate-forme, ils pouvaient tourner à 360°. Mais ils n'ont pu être utilisés lors de la bataille finale, car ils avaient été expédiés auparavant en renfort vers le nord de la France.  Le dispositif comprenait aussi de nombreuses défenses de plage anti-débarquement (tétraèdres en béton équipés d'explosifs, pieux en bois...). Près de 600 000 mines avaient également été enterrées sur tout le territoire de la pointe du Médoc.

Le 25 août 1944, juste avant l'évacuation de Bordeaux, les Allemands s'enferment dans la forteresse, tandis que les FFI commencent à remonter vers le Nord-Médoc. Le siège a duré huit mois, au cours d'un hiver particulièrement rigoureux qui a durement éprouvé les jeunes combattants du Médoc. L'opération de libération de la poche du Médoc est décidée le 13 avril 1945. «L'opération a débuté le 14, à 6h du matin, et s'est achevée le 20 en fin de journée, avec la reddition du capitaine de corvette Birnbacher et ses marins du Narvik Bataillon, réfugié au point d’appui S305.»

© 2011 Tous droits réservés.

Optimisé par le service Webnode