La libération des ondes radio

11/12/2014 00:18

Après avoir appris le débarquement des troupes alliées en Normandie, le maréchal Pétain s’adresse au Français au micro de Radio-Vichy. Les différentes catégories de la population (fonctionnaires, cheminots, ouvriers) sont appelées à demeurer à leur poste alors même que les speakers des radios françaises de l’extérieur leur demandent de participer à la désorganisation du pays, notamment aux sabotages des voies de communication, afin de permettre une avancée rapide des Alliés. Pétain évoque même « le péril mortel que connait notre pays si ce solennel avertissement n’était pas entendu ».

En 1944, une petite équipe de professionnels de la radio prépare dans l’ombre la reprise des émissions après la Libération, sous l’impulsion de Jean Guignebert et Pierre Schaeffer. Celui-ci, qui anime officiellement un atelier de création radiophonique, le Studio d’Essai, fait fabriquer et cacher des émetteurs et préparer un stock d’enregistrements à diffuser au moment de la Libération, en puisant dans les publications clandestines des poètes résistants.
Hermann Moyens, un des collaborateurs de Pierre Schaeffer organise ainsi au printemps 1944 plusieurs sessions clandestines d’enregistrement le dimanche matin,  dans les locaux du Club d’Essai situés rue de l’Université. 
Le 18 août, alors que Radio-Paris cesse d’émettre, des résistants occupent le Studio d’Essai de la rue de l’Université dans la capitale toujours occupée. Le 22, la nouvelle station, baptisée Radiodiffusion de la Nation française, diffuse un appel à l’insurrection lu par le jeune journaliste Pierre Crénesse et répété tous les quart d’heure.
Malgré une puissance d’émission minime, cette radio rend compte des avancées de l’insurrection parisienne. Pierre Crénesse effectue alors plusieurs reportages qui permettent aujourd’hui de rendre compte de l’atmosphère régnant dans la capitale.
Le lendemain, à la préfecture de police, il interroge les FFI sur les barricades alors que les combats font rage. Dans la nuit du 24 au 25, il enregistre l’entrée des premièrs chars de la 2ème DB de Leclerc. En studio, une équipe de journalistes reste de longues heures à l’antenne pour informer les auditeurs des nouvelles  et des consignes d’action. Le 25, la station diffuse la première allocution du général de Gaulle ainsi que le défilé sur les Champs-Elysées suivi en direct.
Après la libération de Paris, l’équipe de la Radiodiffusion nationale s’étoffe, notamment grâce à la réintégration d’anciens speakers des radios étrangères écoutées clandestinement sous l’Occupation (entre autres André Gillois,Jacques Duchesne ou Pierre Dac).
 

 

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