Jean Gabin engagé dans la 2éme DB

22/11/2014 09:29
Il se heurte aux réticences de l'armée qui l'envoie d'abord tourner un film de propagande en faveur de la France Libre (L'imposteur de Duvivier). Gabin revient ensuite à la charge et obtient enfin, en avril 1943, d'embarquer comme officier d'armes à bord de l'escorteur Elorn. Il s'agit de d'accompagner des pétroliers jusqu'à Alger. Son convoi sera la cible des avions de la Luftwaffe .
Au printemps 1943, Gabin retrouve Alger.Les Américains sont omniprésents et préparent le débarquement en Italie. Après avoir à nouveau refusé de faire le « clown » au théâtre des armées, Gabin est affecté comme instructeur au centre Sirocco, l'école des fusiliers-marins. Il voudrait bien faire oublier son statut de vedette de cinéma afin d'obtenir une place dans le combat en Europe. Cette volonté de discrétion est mise à mal avec le passage de Marlène Dietrich à Alger, qui en profite pour aller embrasser son Français préféré. L'actrice, très engagée contre les nazis, retrouvera ainsi Jean Gabin à plusieurs moments de la guerre (à Alger, puis en Alsace et en Allemagne).
Les visites de la star américaine à Gabin, soldat peu gradé, ne passent pas inaperçues et provoquent une violente jalousie de la part de ses supérieurs militaires. Si l'acteur français est gêné par ces effusions publiques, leurs retrouvailles sont heureuses et ils échangeront une correspondance importante jusqu'à la fin de la guerre. Marlène Dietrich fera preuve aussi d'un grand courage en participant à toutes les étapes de la reconquête de l'Europe: considérée comme une traîtresse en Allemagne, elle risquait la mort si elle avait été arrêtée.
Après avoir failli une première fois suivre la 2e DB en France, Gabin enrage de rester coincé à Alger. A force d'insistance, il obtient de suivre une formation de conducteur de tank. Il revient ainsi en France à l'automne 1944 par Brest, pour participer ensuite aux combats en Lorraine comme chef de char « Souffleur II ». En février 1945, Jean Gabin retrouve Paris le temps d'une permission. Emacié, les cheveux blanchis, il entend des commentaires dans le métro: «  Tiens c'est Gabin, il a pris un sacré coup de vieux ». Peu de gens savent qu'il s'est engagé activement dans la guerre et l'acteur, modeste et pudique, ne se vante pas de ses faits d'armes.
Il découvre avec dégoût les règlements de comptes dans le milieu du cinéma parisien. Beaucoup d'acteurs et de réalisateurs ont continué à tourner pendant la guerre, s'inquiétant plus de leur carrière que de libérer la France.
Engagé pour toute la durée de la guerre, Gabin est envoyé, en avril 1945, avec son unité pour libérer les Résistants FFI assiégés depuis des mois dans Royan. Enfin, il participe avec la 2e DB aux batailles sur le Rhin et en Allemagne jusqu'à la capitulation du IIIe Reich.
Démobilisé en juillet, il rentre en France où il est décoré de la Médaille Militaire et de la Croix de Guerre. Refusant de participer au défilé du 14 Juillet sur les Champs-Elysées, il le regarde de la fenêtre de l'hôtel Claridge: «  J'étais donc aux premières loges pour assister à la parade militaire et j'ai évidemment vu passer mon char « Souffleur II ». A sa tête il y avait mon second, Le Gonidec, qui avait l'air content d'être là. C'était con, mais j'ai pas pu m'empêcher dechialer...
 
Source : http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/
 

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