Disparition de Pierre ERNAULT, du commando Kieffer

14/02/2015 09:53

 Vétéran du 1 er BFMC, N°4 Commando, badge N87 vient de nous quitter

Le 6 juin 1944, au petit matin, 173 000 hommes prirent part au Débarquement en Normandie. Parmi tous ces libérateurs, seuls les cent soixante-dix-sept « bérets verts » du commandant Kieffer foulèrent les plages normandes, sous l'uniforme français.
A la maison de retraite Alexis-Julien, l'un des derniers membres de ce commando d'élite - ils ne sont plus que dix - levait le verre en famille en souvenir de ce qui fut « le jour le plus long ».
Fils de cheminot, Pierre Ernault est né en 1921 au Mans. Peu attiré par les études, il en va tout autrement pour ce qui est des activités physiques et sportives ! Sentant la guerre venir, dès juillet 1939, le jeune homme s'engage dans la Marine.
 
Après l'armistice de juin 1940, « avec des camarades du Valmy, humiliés, outragés par les conditions honteuses de l'armistice, refusant la défaite, nous décidons de continuer le combat et de rejoindre par tous les moyens le général de Gaulle ». En 1942, lors d'une escale du cuirassé Richelieu à New York, le jeune marin déserte et se rend dans les bureaux des Forces françaises libres où il signe son engagement. Alors qu'à Londres on lui « propose un poste de factionnaire de la caserne Bir Hakeim », il explose de colère : « Je veux me battre, en découdre.... Depuis trois ans, le monde est en feu, en sang et souffre 
Cette insolence verbale aurait pu lui coûter cher. Elle le conduira à l'école des commandos d'Achnarry (Écosse) où des instructeurs « durs, infatigables, pointilleux, machiavéliques [nous] mènent une vie d'enfer . De ce troupeau de sauvageons, débordant de fougue,  Kieffer va faire de nous son commando, un magnifique outil de combat, solidaire, efficace, redoutable et heureux ».
Au hasard d'une permission, dès 1939, Pierre Ernault était tombé sous le charme d'Yvonne, une jeune Ploudalmézienne qu'il épousera sitôt la guerre finie. Soixante-dix ans plus tard, c'est ensemble qu'ils lèvent leur verre en souvenir de ce « jour le plus long » dont Pierre Ernault n'a jamais parlé qu'avec la plus grande pudeur.
Il y a quelques années, il avait pourtant accepté de se confier à Hervé Farrant (www.wiki-brest.net). Des nombreux entretiens entre les deux hommes, est ressorti tout une page de l'Histoire dans laquelle il a veillé à toujours rester en retrait. Celle d'une aventure collective dans laquelle il considère n'avoir été qu'un simple maillon parmi d'autres...
extrait http://www.ouest-france.fr/ du 27 mai 2014
Reposez en paix monsieur, nous vous serons etérnellement reconnaissant

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