LE DEBARQUEMENT DE PROVENCE

LES PREPARATIFS

Les commandos quittent la Corse, deux opérations préliminaires au débarquement sont prévues, l'une menée par le «Groupe naval d'assaut» français qui aborde dans un champ de mines à Théoule et sera détruit par les Allemands, l'autre par des Rangers américains et les Commandos d'Afrique du lieutenant-colonel Bouvet qui débarquent dans la région de Cavalaire.

Cap Nègre, Le Lavandou. Après l'escalade d'une falaise à pic d'une soixantaine de mètres, nos commandos détruisent la batterie du Cap Nègre, les autres formations nettoient la zone qui mène aux plages de Canadel et du Rayol.

Ces deux actions précèdent le largage au petit matin du 15 août entre Draguignan et Fréjus d'une division aéroportée anglo-américaine, la First Airborn Task Force, chargée d'inter-dire l'arrivée de renforts dans la zone de débarquement.

LE DEBARQUEMENT

Cavalaire 15 Aout 1944. 3e division d' infanterie américaine

 

À l'aube du 15 août, les défenses du rivage depuis Saint-Tropez jusqu'à Saint-Raphaël sont prises à partie par mille avions bombardiers et les canons lourds de la marine, puis les 3e, 45e et 36e divisions américaines, cette dernière renforcée par un Combat Command de la 1re division blindée française du général du Vigier, débarquent respectivement sur les plages de Cavalaire, La Nartelle et le Dramont comme prévu. Seule la plage de Saint-Raphaël reste inabordable, ce qui impose une variante au CC1 du colonel Sudre. En trois jours, les Américains réalisent une large tête de pont de 80 kilomètres de large sur autant de profondeur.
La 1re DFL et le 8e RCA arrivent le 16 dans la rade de Cavalaire. Les navires jettent l'ancre au milieu d'une étrange flotte de bateaux de tous les types, surmontés chacun d'un ballon captif pour empêcher les avions de la Luftwaffe de les mitrailler. Personnel et matériels roulants se hâtent vers la terre dans la nuit qui tombe. La brume qui monte du sol s'épaissit bientôt de toutes les fumées que crachent les navires survolés en cet instant par des avions allemands. Des bombes tombent, éclatent, la DCA tire... abattant un, puis deux ballons de protection.
Au fur et à mesure de leur débarquement, les unités s'enfoncent d'une centaine de mètres au-delà de la plage et attendent le jour, l'état-major pour sa part reste jusqu'à l'aube dans une vigne au milieu d'un champ de mines. Le 17 au matin, le regroupement de la division se poursuit autour de Gassin pendant que les véhicules sont «déwaterproofés», et que le général Brosset part reconnaître la future zone d'action de la division. Il donne l'ordre aux 2e et 4e brigades de relever dès le lendemain les éléments américains qui couvrent le flanc ouest de la tête de pont. C'est à pied que nos deux brigades exécutent ce déplacement d'une quarantaine de kilomètres, marche forcée, marche harassante sous le soleil avec des souliers durcis par l'eau de mer, mentionnent les journaux de marche. Ce qu'ils ne racontent pas, c'est qu'au long de la route nos marsouins puisent avec leur mugs dans des seaux de vin que leurs portent les habitants, et l'énergie s'en ressent.
Dans l'après-midi nous relevons le 7e régiment américain arrêté sur le méridien du Lavandou et le commando Bouvet qui vient de s'emparer de la batterie de Mauvannes vigoureusement défendue par 150 marins de la Kriegsmarine. Il a fait 100 prisonniers mais perdu 30 hommes sur les 60 qui ont mené l'assaut.
Le soir, le général Brosset est convoqué à Cogolin par le général de Lattre, qui lui confirme sa mission et fixe le début de l'offensive au 20 août : les renseignements sur l'ennemi sont nombreux mais peu encourageants. Notre général apprend l'existence d'un groupement de Larminat chargé de coordonner l'action de la 1re DFL et d'un complexe d'unités commandé par le général Magnan, comprenant des éléments du Combat Command n° 2 de la 1re DB, le 2e régiment de Spahis du colonel Lecoq, le bataillon de choc du lieutenant-colonel Gambiez, plus un Regimental Combat Team de la 9e DIC. Ces formations venues de Corse avec des Tabors marocains sont en train de débarquer avec quarante-huit heures d'avance sur le planning américain : cela représente 800 combattants de plus et un groupe d'artillerie qui agiront à la droite de la 1re DFL.

 

 La progression

Si un objectif du débarquement en Provence était de créer un nouveau front en France, ce plan incluait aussi de détruire la XIXe armée allemande, qui avait pour charge la défense du sud-est de la France. Les 3e et 45e division US avaient pour objectif de pousser vers la vallée du Rhône, alors que les forces françaises libres avaient la charge de libérer les ports de Toulon et Marseille. Pour réaliser le second objectif — la destruction des forces allemandes — une force blindée est mise sur pied lors des préparatifs du débarquement, la Task Force Butler, dont la mission est de progresser vers le nord, depuis Draguignan, via Riez, puis Digne et Sisteron, et d'obliquer vers le Rhône à Aspres-sur-Buech, et ainsi de couper la retraite des forces allemandes, dans ce qui sera la Bataille de Montélimar.

Une fois les têtes de pont varoises consolidées, les Alliés, notamment les Américains, s’attachent à la libération des Alpes-Maritimes. Mais les principaux protagonistes de la libération de la Côte d’Azur sont les résistants.

Les parachutistes américains de la 1st Airborne Task Force, commandée par le général Frederick et appartenant à la 7e Armée américaine, parachutés au nord de Le Muy le 15 août 1944 dans le cadre du débarquement sur les côtes de Provence (opération Anvil-Dragoon), avancent sur les premières lignes  .
La libération de Nice commence le 28 août avec des combats insurrectionnels menés par les résistants au nord du boulevard Gambetta, la mairie et la préfecture. Durant l’après-midi, les places Garibaldi et Masséna (la population y est rassemblée autour d’une jeep presse cinéma ; une automitrailleuse propulsée au gazogène équipée d’une tourelle AMD Panhard type 178 vient d’être capturée et porte l’insigne des FFI -Forces Françaises de l’Intérieur-), la villa Thiole et les quartiers de Riquier et Saluzzo sont occupés (la foule se presse devant les journaux, les affiches militantes et les drapeaux politiques).
L’avancée des Américains de la 1st Airborne Task Force se poursuit. Des soldats posent de lignes téléphoniques, franchissant un cours d’eau. Des fumées au-dessus du fort de la Tête de Chien à La Turbie témoignent de son bombardement. A proximité de Monaco, le pont du Cap d’Ail, où les forces allemandes sont retranchées est coupé. Les parachutistes américains du 551st PIB (Parachute Infantry Battalion), accompagnés d’un guide FFI, progressent le long de la N7 via le Col d’Eze en direction de La Turbie.
Dans Monaco libérée, la population acclame les Alliés. Plusieurs vues générales de la Principauté et de son port se succèdent. Des explosions sur la mer teimoigne de la résistance de la DCA allemande.

Une jeep du SCA (Service Cinématographique des Armées), photographiée à plusieurs reprises entre Villefranche-sur-Mer et Nice, suit la progression

des troupes
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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