Les 177 Français du commando Kieffer le 6 Juin 1944

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La création du commando

Philippe Kieffer qui a rejoint les Forces françaises libres en Grande-Bretagne est impressionné par les méthodes des commandos britanniques, surtout le raid mené par les commandos anglais sur les îles Lofoten le 4 mars 1941. En 1942, il constitue la « Troop 1 » des Commandos français avec une vingtaine de volontaires, dans les environs de Portsmouth. Au printemps, le général de Gaulle demande à lord Mountbatten, chargé des opérations spéciales la création d'un commando français de 400 hommes3. Les Britanniques sont intéressés par l'apport d'hommes susceptibles d'agir en France, donc connaissant le pays et la langue de leurs habitants. L'enseigne de vaisseau Philippe Kieffer est désigné pour en prendre le commandement.
a formation a lieu avec les commandos britanniques (les bérets verts) au château d'Achnacarry en Écosse.
Le commando à l'entrainement en Angleterre
Ce château et les terres environnantes situés dans les Highlands ont été mis à disposition de la Special Service Brigade par le propriétaire, Sir Donald Walter Cameron of Lochiel, chef du clan Cameron. Le cadre est austère et sauvage et la formation particulièrement rude. Philippe Kieffer et ses hommes seront les premiers étrangers à être formés dans ce centre d'entraînement dirigé par le lieutenant-colonel C.E. Vaughan. Les nouveaux arrivants doivent ainsi parcourir 30 km à pied de la gare au château, puis passer devant des tombes fictives de soldats soi-disant morts pendant l'entraînement3. Le bataillon français ainsi formé est placé sous le commandement de Lord Lovat qui dirige la 1re brigade de commandos.
Cette rigueur de l'entraînement tient à la difficulté et la dangerosité des missions qui leur sont confiées derrière les lignes ennemies

Le débarquement des 177 Français

Vers 5 heures, les troops sont réveillées par le vrombissement des centaines de bombardiers se dirigeant vers les côtes Françaises. Quelques minutes tard, les innonbrables batteries de marine ouvrent le feu sur les ouvrages de plages. C'est un spectacle surréaliste :"Les pièces d'artillerie de 5000 bateaux tirent à la même seconde. Le bruit est tel qu'il devient impossible de différencier les rafales de mitrailleuses ou les coups de canon des uns et des autres. Il n'y a plus qu'un effroyable roulement. Notre bateau a repris la route; Seule, sa vitesse a pu nous l'apprendre, car le bruit des moteurs se trouve comme gommé" précise Bolloré. Les barges de la 1st Spécial Service Brigade se dirigent maintenant vers leur objectif. Soudain, les landing crafts transportant les commandos Anglais ralentissent. Les pilotes des deux embarcations Françaises ont compris.. Les britanniques les font passer en tête de convoi , le commando Kieffer débarquera  en premier sur son sol natal.
Le n°4 Commando débraquant à Colleville Sur Orne. ( Maintenant Colleville Montgomery)
Cette attention va droit au coeur des troopers, malgré l'angoisse qui les étreint. Les bateaux viennent de heurter le sable, c'est l'assaut... Le commandant Kieffer se souvient "...A ce moment précis, la terre et la mer semblaient soulevées par un grondement de tonnerre : bombes de mortier, sifflements d'obus, jappements agaçants de mitrailleuses, tout semblait concentré sur nous.En un éclair, les passerelles étaient jetées à terre.Coiffé du béret vert, un premier groupe se rue sur la plage, mais quelques secondes avant la ruée du second groupe, un obus de 75 mm emportair les passerelles de la barge dans un déchirement de bois et de métal.
N°4 Commando à Ouistreham. 06 Juin 1944
 
Malgré l'opposition Allemande, les commandos traversent la plage au pas de course, au milieu des mines et des obstacles divers. Une trentaine de Français sont déjà hors de combat... Sous les balles, les unités s'engagent maintenant dans Ouistreham. La section du lieutenant Lofi s'élance dans la grande Rue, suivie  de la K.Gun troop. Le sous-Lieutenant Hubert s'effondre, touché par une balle en plein front lors de l'attaque du casino. Les pertes sont sérieuses. Les assaillants sont pris à partie par les deux canons de 20mm du blockhauss et les snipers dissimulés ici et là. Un char Centaur du 13/18 Hussars est obtenu pour assurer la couverture et le commandant Kieffer se hisse sur la plage arrière de l'engin, il est à son tour blessé. Mais, cet appui inattendu sera décisif car ses obus réduisent la position au silence. L'assaut mené à la grenade et à la Fairbairne Sykes (couteau de combat Britannique) ont raison des derniers nids de résistance ennemis. en fin de matinée, quelques instants de repos bien mérités permettent aux rares civils restés dans la ville de faire connaissance -rapide avec leurs libérateurs. Leur joie déborde lorsqu'il apprennent que ce sont des Français
Le commando Kieffer sur la plage de Sword Beach une fois conquise. 6 Juin 1944. (commandokieffer.canalblog.com/)
A cet instant, le commando compte sept morts et soixante blessés environ, soit 40% des effectifs. Après avoir traversé Saint Aubin d'Arquenay, Le pont de Bénouville est atteint dans la continuité, puis Ecarde sur la route de Cabourg. En fin de soirée, les hommes de Kieffer se portent jusqu'à Amfreville, pris sans difficultés. A la tombée de la nuit, les commandos s'installent en position défensive.
 
Voir également l'article  de libertyship.be sur la rencontre avec Léon Gautier du n'4 Commando: www.libertyship.be/products/rencontre-avec-leon-gautier-du-n%C2%B0-4-commando/
Video de cette rencontre avec l' association D-Day Overlord: youtu.be/mC58UhtMDtM

Récit du 6 Juin 1944

article de P.C Boccadoro publié dans Cols Bleus n° 2262 du 28 mai et 4 juin 1994
Le ballet diabolique d'un assaut de sang froid
 
Sept heures vingt et une minutes... Les bateaux de débarquement ont touché le sable... La quille racle le fond, un choc sourd immobilise la barge. Les passerelles sont jetées à l'eau... La plage est devant nous, vide, hérissée de blockhaus, de barbelés, de poteaux où sont fixés des mines... et nous nous apercevons soudain que des impacts, des gerbes de frisants, des éclats, tombent autour, devant et derrière nous... En avant ! Le gibier devient chasseur, c est sur nous que tirent ces mitrailleuses qu'il faut réduire... C'est d'abord sur cet espace vide fait de sable et d'eau qu'il faut courir pour sauver sa peau... Nous sommes cibles... Il faut percer ce front qui miraculeusement nous crache ses balles et ses obus Kieffer est passé et derrière lui la première section, première et deuxième sous-sections, la deuxième, la mienne !... Sur la passerelle, une fraction de seconde devant cet abîme, puis en avant, par-dessus, par instinct dans l'eau avec le sac, les armes, les explosifs !... La passerelle a déjà éclaté sous un obus... Sur la plage, Pinelli est blessé, Dumenoir tué net, Vourc'h a roulé en trente mètres, il ne reste plus un officier à la tête de la première troupe de commandos français... Nous fonçons en aveugles... droit devant, vers ce groupe de bâtiments en ruines, notre point de repère, où nous déposons le sac qui nous oppresse et où nous regrouperons les hommes en base feu avant l'assaut sur les blockhaus. Comment peut-on, en quelques minutes, passer d'un abîme à l'autre ? Réunis, les premiers rescapés, sacs décapelés, mitraillettes et lance-flammes, grenades et mortiers légers en base feu, les commandos sont redevenus chasseurs et le gibier qui se terre dans ses trous ne tiendra pas longtemps contre l'assaut. Les premiers nids de mitrailleuses sont anéantis, à la grenade ou au poignard, on ne se sait plus ! Les premières villas sont atteintes et les tireurs allemands sont délogés. Les énormes blockhaus dépassés par l'attaque sont repris par derrière à la mine et au lance-flammes... De huit heures à treize heures sans relâche, les commandos se ruent sur leurs objectifs... Les morts et les blessés tombent. Sur la plage, dans un champ de mines, une épave tragique qui n'a plus d'uniforme et que des lambeaux sanglants sur tout le corps, le colonel Dawson, indique à ses hommes les objectifs ! Le docteur Lion, encore un Français, est tué en se portant au secours du petit Rollin qui, lui aussi, meurt en quelques secondes... Kieffer, Bucher, Lanternier, sont blessés mais poursuivent le combat... Chaque homme qui tombe est immédiatement vengé. Chaque mort marque la place d'un trou près du bastion où dix cadavres germains ont trouvé leur repos! Les premiers chars nous ont suivis... dans les rues de Ouistreham, les premiers civils français sont sortis et émerveillés de trouver là des Francais, ont pillé leur cave de verres de Calvados, que l'on vide en courant et qui réchauffent la hargne du combat... Au milieu du fouillis des armes et des équipements, dans les passages jalonnés de pavillons multicolores, les Anglais, imperturbables, débarquent des gros chalands... Le barrage d'artillerie est déjà plus à l'avant, la prise des plages est chose faite... La première phase est accomplie et le Mur de l'AIantique s'est écroulé sous la poussée des commandos. Ne parlons pas d'héroïsme... seuls les morts ont droit à notre admiration...
Difficile progression dans Ouistreham,   Route de Lion sur Mer en fin de matinée du 6 juin.

Liste des 177 FRANCAIS DU N°4 commando

Source: http://musee.fusco.lorient.free.fr/biofuscochouteau.htm

Nom / Prénom

N° badge

Année naissance / Décès

Photo

ANDRIOT François

184

1921 - ....

BEGOT Louis

44

1921 - ....

CHOUTEAU Paul

126

1922 - ....

ERNAULT Pierre

87

1921 - ....

FAURE Hubert

134

1914 - ....

GAUTIER Léon

98

1922 - ....

MASSON Jean

144

? - ....

MEUDAL Yves

59

1923 - ....

MOREL Jean

20

1922 - ....

ROSSEY René

183

1926 - ....

 

Nom / Prénom

N° badge

Année naissance / Décès

Photo

ALLAIN André

21

1921 - 1984

AMAURY Pierre

133

? - 2008

ARCHIERI Albert

77

1921 - 2007

AUTIN René

22

1921 - 1960

BAGOT André

135

1916 - 2005

BALLARO Noël

89

1921 - 2003

BARBE Maurice

141

1920  -  1994

BERNARD André

152

1921 - 2002

BEUX Bernard

31

1924 - 1977

BIESTRO Jean

166

1922 - 1985

BOCCADOR Pierre Jean Charles

18

1922 - 2003

BOLLORE Gwenn Aël

147

1925 - 2001

BOUARFA Ouassini

129

1919 - 2007

BOUCHARD Georges

142

1923 - 1983

BOUGRAIN Etienne

83

1924 - 1949

BOUILLY Jean

176

1924 - 2001

BOULANGER Robert

101

1918 - ?

BOURRET André

124

1920 - 1992

BRIAND Gaston

95

1924 - 2007

BRIAT Paul

3

1922 - 2003

BUCHER Roger

28

1911 - 1994

CABELLAN Jean

17

1913 - 1950

CAILLE Maurice

88

1920 - ?

CARTIER André

151

1912 - 1995

CASALONGA Laurent

13

1923 - 1987

CEVOZ MAMI Jean-Marie

84

1912 - 1978

CHAUSSE Paul

65

1915 - 2005

CHAUVET Maurice

119

1918 - 2010

COPPIN Daniel

204

1921 - 1978

CORBIN Maurice

190

? - ?

COSTE Georges

168

1918 - 2010

COUTURIER Jean

155

1923 - 2007

CROIZER Robert

97

1921 - 1944

DANSON Louis

169

1923 - 1988

DECHAMBOUX René

145

1922 - 1963

DEMONET Paul

182

1921 - 1995

DENEREAZ André

15

1921 - 1991

DERRIEN Marcel

53

1921 - 1978

DEVAGER Fernand

25

1915 - 1956

DORFSMAN Henri

118

1919 - 1996

DUCASSE Roger

106

1919 - ?

DUMENOIR Raymond

7

1911 - 1944

DUPONT Alexandre

158

1922 - 1980

FAGOU Georges

146

1925 - 1981

FLESCH Raymond

153

1920 - 1944

FOLIOT André

76

1922 - 1978

FOUGERE Robert

91

1920 - ?

 FOURER Lucien

99

1920 - 1944

FROMAGER Marcel

127

1924 - 1975

GABRIEL Roland

41

1923 - 1994

GADOU Robert

39

1919 - 2008

GALTON Jack

117

1912 - 1977

GANNAT Marcel

86

1919 - 2005

GARRABOS Joseph

123

1918 - 1983

GAUTHIER Jean

(ZIVOHLAVA Otto)

16

1922 - 2010

GERSEL / GESREL René

175

1922 - 1944

GERY Marcel

185

1925 - 1980

GICQUEL Georges

163

1923 - 1944

 GIUDICELLI Pierre

164

1924 - 1994

GODARD Louis

148

1923 - 1983

GOUJON Léon

143

1923 - 2000

GOURIOU Olivier

12

1922 - 1985

GRAIL Albert

167

1921 - 2003

GRISPIN Félix (ou GRINSPIN)

121

1925 - 2011

GUEZENNEC Francis

177

1924 - 2006

GUILCHER Joseph

102

1923 - 2013

GUILLOU Guillaume

49

1920 - 1999

GUINEBAULT Eugène

78

1923 - 2012

GUY Emile

187

1920 - 1990

A venir

Famille retrouvée

GUYADER Jacques

160

1920 - 1995

HATTU Guy

46

1915 - 1978

HORNY Joseph

74

1908 - 1972

HOURCOURIGARAY Joseph

114

1921 - 2008

HUBERT Augustin

136

1918 - 1944

 HULOT Léopold

64

1923 - 1948

JOVENIN Raymond

159

1912 - 1984

JUNG Armand

100

1921 - 1984

KERMARREC Jean

11

1922 - 1973

KLOPFENSTEIN Frédéric

67

1912 - 1964

LABAS Marcel

170

1922 - 1944

LAFFONT Jean

82

1919 - 1996

LAHOUZE Marcel

33

1921 - ?

LANTERNIER Louis

9

1914 - 1986

LAOT Guy

90

1924 - 1944

LARDENNOIS Abel

137

1917 - ?

LAVENTURE Mathurin

139

1920 - 1985

LAVEZZI Michel

66

1916 - 1979

LE BRIS Joseph

174

19.. - 19..

LECHAPONNIER Henri

115

1917 - 1986

LE FLOCH Maurice

40

1918 - 1989 ?

LE GOFF Jean

191

1921 - ?

LEGRAND Maxime

156

1921 - 1971

LE MOIGNE Jean

181

1912 - 1944

LE MORVAN Raymond Georges

43

1922 - ?

LE NAOUR Joseph

75

1920 - 1985

LEOSTIC Roger

30

1923 - ?

LE RESTE Pierre

85

1921 - 1989

LE RIGOLEUR Albert

130

1921 - 2009

LESCA Robert

109

1920 - 1967

LETANG Jean

105

1921 - 1944

LION Robert

193

1909 - 1944

LOFI Alexandre

63

1917 - 1992

LOGEAIS Michel

69

1920 - 1988

LOSSEC René

10

1920 - 2008

MADRIAS Roger

57

1919 - 1995

MAGY Félix

35

1919 - 1985

MALER André

162

1920 - 1993

MARIACCIA Paul

73

1909 - 1991

MASSIN Roger

94

1923 -1995

MAZEAS Jean

37

1912 - 1972

MESSANOT Georges

71

1920 - 1984

MOAL Jean

113

1921 - 1986

MOGUEROU Robert

161

1920 - 2002

MONCEAUX Yvon

173

1920 - ?

MONTÉAN Jean

112

1922 - 1944

MONTLAUR (de) Guy

45

1918 - 1977

NASSAU de WARIGNY Henry

27

1920 - ?

NAUROIS (de) René Paulin

396

1906 - 2006

NEVEN Antoine

62

1921 - 1994

NEVEN Jean

189

1916 - 1944

NICOT Joseph

42

1921 - 1982

NIEL Marcel

54

1920 - 1988

OHLIGER Richard

154

1923 - 1973

OLLIVIER (GUIVARCH) Jean

172

1921 - ?

PAILLET Georges

80

1920 - 1955

PERRONE Jean

149

1921 - 1984

PETERS Félix

179

1911 - 1944

PIAUGÉ Robert

48

1920 - 1998

PICOU Guy

14

1923 - 1987

PINELLI Jean

2

1914 - 1993

PIRIOU Jérôme

60

1919 - 2001

PLANCHER Jules

103

1920 - 1985

POLI Nicolas

61

1921 - 1973

PREVOST Louis

92

1919 - 1951

PRIEZ Jean

180

? - ?

QUENTRIC Yves

58

1920 - 1984

QUERE Pierre

125

1921 - 1976

RAULIN Marcel

23

1920 - 1992

RAVEL Marcel

171

1921 - ?

REIFFERS Jean-Marie

116

1912 - 1993

RENAULT Émile

55

1921 - 1944

En cours

de recherche

RICHEMONT Henri

132

1914 - 1997

RICHEN Pierre

79

1921 - 1947

RIVEAU Marcel

107

1920 - 2013

ROELANDT Robert

68

1919 - 1986

ROLLIN Paul

120

1923 - 1944

ROPERT Georges

19

1916 - 1972

ROUGIER Marius

108

1919 - 1983

 ROUSSEAU Jean

186

1921 - 1944

ROUX Robert

81

1921 - 2000

ROUXEL Marcel

131

1921 - 2008

RUPPE Yvon

150

1921 - 1944

En cours

de recherche

SALAUN Joseph

128

1920 - ?

SAERENS Robert

72

1919 - 2009

SCHERER Georges

29

1919 - ?

SENEE Jacques

140

1919 - 1950

SIMON Jean

6

1919 - ?

STRINA Robert

104

1923 - 1947

TANNIOU Pierre

4

1922 - 1985

THUBE Marc

138

1919 - 1997

TROYARD Eugène

96

1917 - 1972

VALENTIN Charles

178

1922 - 1990

VINAT Pierre

34

1920 - 1944

VINCENT Michel

56

1923 - 2003

VOURCH Francis

5

1913 - 1987

 VOURCH Guy

36

1919 - 1988

WALLEN Henri

165

? - ?

 

 

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