La libération de Orléans

A partir d'avril 1944, les Alliés préparent le débarquement. Afin de paralyser l'occupant, ils multiplient dans l'arrière-pays sur les établissements industriels, les voies de communication, les dépôts de matériel et les installations militaires, des bombardements aériens plus ou moins efficaces mais toujours meurtriers. Orléans et sa banlieue, déjà très touchés en juin 1940 par les bombardements de l'aviation allemande, sont à nouveau durement atteints.

Dès le 11 mai vers 14h30 un avion américain isolé endommagé par des chasseurs allemands est obligé de lâcher ses bombes sur les rues des Carmes et d'Illiers, causant la mort de 47 personnes et l'incendie d'une demi-douzaine d'immeubles. Dans la nuit du 20 au 21 mai, une grande formation de la RAF bombarde la gare des Aubrais et les quartiers alentour. Il y a plus d'une centaine de morts et de très nombreux blessés.
ruines de l' église Saint Paul, 1944
 
 Dans la nuit du 22 au 23 mai, à partir de 21h15, les environs des Aubrais et le faubourg Bannier sont à nouveau durement bombardés. Comme le parvis et l'intérieur de la cathédrale sont couverts de débris, c'est à Saint-Marceau qu'a lieu la cérémonie funèbre à la mémoire des victimes des raids aériens.
 
Les destructions considérables et les très nombreuses pertes en vies humaines sont exploitées par l'Agence allemande d'information (DAB) qui impose aux journaux locaux comme "Le Républicain" des titres tendancieux tels que "les bombardements terroristes" ou "les massacres libérateurs". Choquée, inquiète et épuisée, la population souhaite cependant toujours la victoire des Alliés et attend avec impatience la Libération.
 
Retraite coupée par la Loire. Après le débarquement du 6 juin, les Alliés intensifient les bombardements aériens. Le 8 juin, le pont ferroviaire dit "de Vierzon" à Orléans est détruit, la ligne Paris-Toulouse coupée. Les gares sont particulièrement visées, le 12 juin et le 4 juillet les Aubrais, le 14 juin Beaugency, les 21 et 23 juin Meung-sur Loire, le 30 juin Pithiviers... Début août, la 3eme Armée du général Patton libère Le Mans et progresse au nord de la Loire.
 
Le 8 août, les FFI reçoivent l'ordre de couper la ligne de la Loire aux Allemands. En avant de la 3eme Armée, l'aviation alliée prépare vers l'est le terrain, détruit les installations militaires allemandes, pilonne les voies de communication, mitraille les trains et les convois routiers. Le 7 août, le pont de Jargeau s'écroule sous les bombes lâchées par deux avions à Croix de Lorraine.
 
Août, les Américains arrivent par le Nord. Le 15 août, les premiers éléments de l'Armée Patton pénètrent dans le Loiret par le nord-ouest. Ils avancent en trois colonnes, la première par Artenay et Chevilly, la seconde par Epieds-en Beauce, Tournoisis, Saint-Péravy et Coinces, la troisième par Coulmiers et Bricy.. Le soir, les Américains cantonnent entre Ormes et Bricy. Le 16 août, les Allemands regroupent leur défense sur l'ouest d'Orléans, faubourg Saint-Jean, rue Basse-d'Ingré et à la Madeleine.
Les fantassins americains entrant dans Orléans (faubourg Bannier)
 
Les Américains sont informés par des Résistants qu'il n'existe pratiquement pas de défense sur le faubourg Bannier. Ils font passer leurs troupes d'Ormes à Saran, balayent le barrage du faubourg Bannier et peuvent entrer dans Orléans par le nord. Par précaution, ils se divisent en plusieurs colonnes ; l'une progresse par le faubourg Saint-Jean, une autre continue par les mails vers le quartier des "Champs-Elysées", la principale emprunte à partir de la place Gambetta la rue de la Bretonnerie et débouche vers 15 h sur la place de l'Etape. La foule, enthousiaste, se précipite au milieu des blindés et des jeeps et acclame ses Libérateurs. Pithiviers est libéré le 21 août, Montargis et Gien le 23 août.
 

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