LA BATAILLE DES ARDENNES

 

 

La bataille des Ardennes est l'appellation donnée à l'ensemble des opérations militaires qui se sont déroulées dans les Ardennes belges et le nord du Grand-Duché de Luxembourg pendant l'hiver 1944-1945. La bataille commence le 16 décembre 1944 par une attaque surprise allemande à laquelle on a donné le nom d'« Offensive von Rundstedt ». Ce dernier y était opposé : il estimait que l'objectif était trop ambitieux. Les Anglo-Américains l'appellent « Battle of the Bulge » (« Bataille du Saillant ») vu la forme de coin que la ligne de front avait prise lorsque la pénétration allemande fut arrêtée. La bataille des Ardennes se termine fin janvier 1945 après le refoulement des Allemands au-delà de leur ligne de départ

Samedi 16 décembre 1944

Positions avant l' attaque du 16 Décembre 1944
 

Dès 05h30, une importante préparation d'artillerie est déclenchée. Dès 06h00, des patrouilles de combat allemandes s'infiltrent entre les points d'appui américains afin de s'emparer de quelques passages obligés.

À 08h00, couverte par le brouillard, la véritable offensive allemande commence :

  • À la 6e SS Pz Armee.
    • Au nord, l'avance est rapidement bloquée, suite, principalement, à l'action de la 2e Div Inf US et à la réaction de l'artillerie américaine.
    • Au sud, la progression de l'infanterie est freinée par l'ouverture des champs de mines et la résistance des points d'appui américains. Les blindés « piétinent » d'impatience, surtout la 1re SS Pz Div qui dispose de 164 chars dont 45 « Tigre royal » et 38 « Panther ». Sa colonne principale est commandée par le jeune lieutenant-colonel SS Peiper (29 ans). Fin d'après-midi, fatigué par l'attente, il traverse volontairement un champ de mines en perdant quelques blindés, et continue sa progression de nuit.
  • Devant la 5e Pz Armee, quatre malheureuses divisions du VIIIe Corps US, dirigé par le général Troy Middleton, déployées sur un front de 120 km résistent mais elles sont attaquées par des forces largement supérieures.
  • Plus au sud, la 7e armée pénètre dans Echternach mais ne réalise qu'une percée de 5 km ; la 4e Div Inf US, solidement appuyée par l'artillerie, parvient à se maintenir.

En fin d'après-midi, Eisenhower et Bradley qui sont en réunion à Versailles, sont informés de l'attaque. Ils n'en mesurent pas encore l'ampleur. Le mauvais temps empêche les reconnaissances aériennes. Néanmoins, Bradley donne des ordres à la 9e et à la 3e armée pour envoyer respectivement les 7e et 10e Div Bl vers la 1re armée. Ces unités commenceront leur mouvement dans la nuit

Soldat us de la 502 eme nd

 

Dimanche 17 décembre 1944

Soldats de la waffen ss
 
Manhay 1944
 

Vers 03h00, des Junkers 52 larguent un millier de Fallschirmjäger (parachutistes allemands) sous le commandement du colonel von der Heydte sur le plateau des Hautes Fagnes au nord de Malmedy, avec pour objectif le carrefour du Mont Rigi. La dispersion est extrême, et pour cause, les pilotes sont inexpérimentés en cette fin de guerre et de plus, on leur demande de voler de nuit et par un temps exécrable ; les colis avec l'armement lourd sont rarement retrouvés. L'action sera peu efficace. Beaucoup d'hommes seront capturés assez rapidement. Non rejoints, les derniers se rendront aux Américains le 23 décembre.

Les hommes de l'unité Skorzeny (Allemands habillés et équipés à l'américaine) coupent les lignes téléphoniques et créent la confusion, surtout dans les mouvements US. Ils n'auront toutefois pas l'effet espéré.

Au nord de la pénétration, la colonne Peiper qui a déjà fait de nombreux prisonniers, s'empare vers 07h00 d'un dépôt US à Bullange et peut faire le plein de carburant. Elle reprend ensuite sa progression vers l'ouest. La 7e Div Bl US qui descend vers Saint-Vith passe quelques kilomètres devant la tête de la colonne allemande. À 12h30, Peiper capture, à Baugnez près de Malmedy, une centaine d'artilleurs de la colonne de la Div US. Ceux-ci sont rassemblés dans une prairie mais, vers 14h00, avec les troupes SS qui suivent, un officier déclenche la tuerie des prisonniers. Plusieurs peuvent s'enfuir et pour certains même rejoindre leurs lignes. L'information du « massacre de Baugnez » parviendra rapidement aux unités US (principalement via un article du stars and stripes du 22 décembre) qui, au lieu d'être terrorisées, penseront surtout à venger leurs camarades. Le soir, la 1re SS Pz Div rejette vers le nord la jeune 99 Div Inf US et la colonne Peiper arrive devant Stavelot.

Au centre, soumis à l'attaque de la 5e Pz Armee :

  • à Saint-Vith, la 106 Div Inf US composée de jeunes recrues résiste comme elle peut. Presque encerclée, elle attend avec impatience le renfort de la 7e Div Bl US dont les premiers éléments arrivent vers 16h00. Il faut bien se rendre compte que le mouvement d'une Div Bl avec plus de 1000 véhicules dont des chenillés, dans les conditions qu'on imagine, constitue à lui seul une véritable opération.
  • En avant de Clervaux, la 28e Div Inf US, commandée par le major general Cota (célèbre depuis son action à Omaha Beach) est déployée sur un large front. Ce sont des vétérans mais ils sont attaqués par des forces cinq fois supérieures. Les points d'appui sont encerclés mais ils résistent et freinent ainsi la progression allemande.

Au sud, le flanc de la pénétration allemande est contenu sur la ligne Echternach-Diekirch.

À Reims, vers 20h30, les 82e et 101e Div Abn reçoivent leurs ordres de mouvement et partent dans la nuit.

 

Les 18 et 19 décembre 1944

 

Infanterie allemande traversant la foret Ardennaise

Au nord :
Avec les renforts qui arrivent, le commandant de la 1re armée US organise sa ligne de défense de la région d'Elsenborn vers le sud-ouest.
Le 18, la colonne Peiper prend Stavelot mais ne peut s'emparer d'un dépôt US qui est incendié à son approche. Elle s'engage dans la vallée encaissée de l'Amblève, prend La Gleize et s'avance vers Stoumont. Elle est immobilisée par une attaque aérienne, ce qui permet au génie US de faire sauter un pont devant les premiers chars, les obligeant à faire demi-tour. Dès le 19, des unités US dont la célèbre 82e Div Abn qui vient d'arriver, la stoppent à Stoumont et attaquent même ses arrières.
Au centre :
Dans la région de Saint-Vith, isolés, deux des trois régiments de la 106e Div Inf ont été faits prisonniers mais la 7e Div Bl tient fermement une position en forme de fer à cheval. Elle oblige les Allemands à adapter leurs plans et à engager prématurément des renforts.
Du nord de Clervaux à Diekirch, les points d'appui de la 28e Div US luttent jusqu'à l'extrême. Les rescapés des deux régiments nord s'exfiltreront vers Saint-Vith et Bastogne où ils continueront le combat.
À Bastogne, le 18 à 16h00, le groupement blindé B de la 10e Div Bl US et un bataillon antichar se sont déployés. À partir de 22h30, venant de Reims, la 101e Div Abn les rejoint. Le lendemain, ils subiront les premières attaques sérieuses.
Au sud :
Le 109e Régiment de la 28e Div, commandé par le colonel Rudder (le chef des rangers de la pointe du Hoc) mène le combat retardateur depuis Diekirch. Il tiendra jusqu'à l'arrivée des renforts.
Au haut commandement allié :
Le 19, Eisenhower (« Ike ») réunit les commandants de groupes d'armées et d'armées. Il prescrit à Devers d'étendre le front de son 6e groupe d'armées vers le nord afin de permettre à Patton de regrouper des unités en vue d'une attaque sur le flanc sud du saillant. Il charge Bradley d'agir de manière similaire au nord. Ces directives du commandant en chef auront pour effet le déplacement de centaines de milliers d'hommes. Lorsque Ike demande à Patton le temps qui lui sera nécessaire pour tourner son armée de l'est vers le nord, ce dernier répond promptement 3 jours. Ce délai irréaliste fait sourire les généraux présents; surtout Monty qui prévoyait 6 jours pour une manœuvre similaire venant du nord. Ce qu'ils ignorent, c'est qu'avant de recevoir les instructions de Ike, Patton a déjà donné des ordres pour préparer le mouvement. Malgré les routes gelées, la célérité de la 3e armée sera surprenante : l'attaque de Patton aura lieu dans les 3 jours annoncés !

Les 20, 21 et 22 décembre 1944

Char M10 Wolverine
 290th Regiment us. 4 Janvier 1945
 

Depuis le 19 et jusqu'au 22, le temps bouché empêche toute action importante de l'aviation.

Au nord
Peiper est coupé de ses arrières. À Stoumont, le 20 et le 21, la bataille est féroce. La nuit, il y a des combats corps à corps entre les parachutistes et les SS. Peiper doit se replier sur La Gleize.
La 6e SS Pz Armee est définitivement arrêtée et les Américains ont même repris Stavelot.
Au centre
À Saint-Vith, les Allemands attaquent en force et prennent la ville le 21 vers minuit. La 7e Div Bl se rétablit à l'ouest mais reçoit l'ordre de se replier. Sa remarquable défense de Saint-Vith a brisé la marée allemande et a surtout permis aux autres unités américaines de venir former la digue nord du saillant.
Entre Saint-Vith et Bastogne, les 116e et 2e Pz Div de la 5e Pz Armee, après avoir attendu un ravitaillement en carburant, atteignent le 22 respectivement Hotton et Marche. Elles se heurtent à la 84e Div US qui y a pris position la veille.
À Bastogne, dès le 20, les « Panzer » allemands contournent par le nord et par le sud. La nuit du 21 au 22, la ville est complètement encerclée. Les Allemands mènent successivement mais infructueusement plusieurs attaques pour s'emparer de ce nœud routier particulièrement important. La place est défendue par 18 000 Américains comprenant la 101e Div Abn, un groupement blindé de la 10e Div Bl, un bataillon antichars, deux bataillons d'artillerie et des rescapés de la 9e Div Bl et de la 28e Div. La 101e Div est normalement commandée par le général Taylor mais il est aux États-Unis. C'est le brigadier général Anthony McAuliffe qui assure l'intérim. On lui a confié le commandement de toutes les unités encerclées. Officier d'artillerie, il utilise de manière remarquable le feu des sept bataillons d'obusiers dont il dispose (cinq organiques, deux en renfort). Le 22 à 12h00, les Allemands exigent la reddition de la ville sous menace de destruction. La réponse de McAuliffe est ferme et brève : « Nuts » (traduite dans ce contexte par "Des clous" dans le sens "Allez voir ailleurs si j'y suis").
Au sud
Le 22, la Pz Lehr Div qui a contourné Bastogne par le sud, s'empare de Saint-Hubert.
Plus au sud
Depuis le 20, la 4e Div Bl US s'est déployée dans la région d'Arlon. Le 22 à 06h00, sans attendre l'arrivée de toutes ses unités, Patton démarre sa contre-attaque en direction de Bastogne.
Au haut commandement allié
Le 20 décembre, Eisenhower décide de confier le commandement temporaire des unités US nord du saillant, soit la 9e armée et la 1re armée (sauf son VIIIe corps), à Montgomery. Vu la situation, Ike juge que ces forces échappent désormais au contrôle de Bradley. Il estime aussi que c'est la meilleure manière d'obtenir un engagement franc du XXXe Corps britannique, seule grande réserve tactique disponible.
Le XXXe Corps se porte en effet rapidement vers le sud afin de garantir d'abord la sûreté des passages sur la Meuse.
La décision de « Ike » sera mal accueillie par Bradley et d'autres généraux américains qui n'apprécient pas l'orgueilleux maréchal britannique.

Les 23, 24 et 25 décembre

Dès le 23, le temps s'éclaircit et l'aviation alliée passe à l'attaque. Le 24, il y a 5 000 sorties alliées contre seulement 1 000 sorties allemandes.

Au nord
La ligne de défense alliée est fermement installée.
Le 24, avant l'aube, Peiper, abandonné, fait sauter ses véhicules et s'exfiltre à travers bois. Il laisse à La Gleize ses blessés et des prisonniers US. Tous ses chars sont perdus, la 1re SS Pz Div est brisée.
Au centre
Bastogne subit de violentes attaques. Les défenseurs, qui disposent de moyens de communication, guident les attaques aériennes rapprochées. Chaque jour, plus de cent tonnes d'approvisionnement (surtout des médicaments et des munitions d'artillerie) leur sont parachutées.
Plus à l'ouest, les blindés allemands ont progressé dans la trouée entre Marche et Dinant mais avec lenteur car ils manquent de carburant et subissent sur leur flanc nord le harcèlement d'une brigade blindée britannique. Le 24, la 2e Pz Div prend Celles (8 km à l'est de Dinant) ; la Meuse est en vue. Hasard d'appellation, en face se trouve la célèbre 2e Div Bl US surnommée « Hell on wheels » (l'enfer sur roues), déjà combattue en Normandie et renforcée par une brigade blindée britannique. Une légende persiste depuis cette époque, expliquant que Marthe Monrique, propriétaire d'un café (le pavillon Ardennais) au carrefour de Celles, après que le char de tête (toujours visible aujourd'hui) ait sauté sur une mine, a expliqué aux Allemands que la route était minée jusque Dinant. Les Allemands se seraient alors réfugiés dans les bois sans tenter de prendre cette route. La vérité est sans doute plus complexe, même si sans doute il est possible que ce mensonge ait été dit.
Lorsque les Allemands arrivent à Celles par le petit chemin de Conjoux, ils sont exténués et à court de carburant. Une partie de la division fonce vers le carrefour de Celles et une avant-garde est envoyée vers Foy-Notre-Dame.
Le soir du 24 décembre, une Jeep fonce vers Dinant par le chemin du Froidveau. A son bord, 3 soldats allemands habillés de vêtements américains. Ils tentent de forcer le passage du rocher Bayard. Ils ne s'arrêtent pas aux injonctions des gardes et un cordon de mines est tiré en travers de la route. La Jeep saute et les trois Allemands sont tués. Pourquoi cette reconnaissance ? On peut imaginer que les Allemands devaient s'assurer que les chars pouvaient passer par le goulot formé par le rocher Bayard et la falaise avant de risquer de descendre sur Dinant par ce chemin. Or, il faut savoir que ce passage est de 2,7 mètres et que les plus petits chars allemands avaient un empattement de 3,2 mètres. Il eut donc été impossible d'atteindre Dinant par le Froidveau !
Cette nuit du 24 au 25, le Baron Jacques de Villenfagne de Sorinnes est persuadé de pouvoir faire une reconnaissance de nuit des positions allemandes. Il demande l'autorisation au Major John Watts du 3rd Tank Battalion qui accepte. Avec son ami Philippe le Hardy de Beaulieu, ils parviennent à recueillir assez d'éléments pour indiquer aux Anglais les positions sur lesquels un tir d'artillerie doit être dirigé.
Le lendemain matin, le ciel est clair et l'aviation alliée peut sortir et attaquer les positions allemandes. Conjointement, l'artillerie pilonne les endroits désignés par le Baron de Villenfagne. Egalement, la 2e division blindée US lance une attaque depuis Ciney et les Britanniques attaquent depuis Sorinnes. Face à eux, les Allemands désemparés subissent les attaques et sont contraints d'abandonner la majorité de leurs véhicules à court de carburant et de se rendre ou de tenter de rejoindre leurs troupes desquelles ils ont été coupés à Buissonville

Au sud
Les unités de Patton attaquent et la 4e Div Bl pousse sur la route Martelange - Bastogne. Le 24, elle est bloquée à 10 km au sud de Bastogne et doit effectuer un débordement par l'ouest. Elle ne pourra pas atteindre Bastogne pour la Noël comme espéré.
Tristesse
La veille de la Noël, une tragédie s'accomplit à Bande (commune de Nassogne, à 10 km de Marche-en-Famenne). Le 24 décembre, des troupes chargées de représailles suite à des actions de résistance du mois de septembre font leur apparition dans le village. Ces troupes ont déjà sévit à Noville-lez-Bastogne les jours précédents et n'ont rien à voir avec la 2e Panzer Division qui occupe le village.
Ce dimanche matin, ces troupes spéciales arrêtent des hommes du village dont une partie à la sortie de la messe. Ils les rassemblent dans une scierie abandonnée le long de la route Nationale 4 et les interrogent un par un. Dans le courant de l'après-midi, ils en libèrent une partie mais en gardent 33 dont le plus jeune, André Gouverneur a fêté ses 17 ans le mois précédent. Pendant une partie de l'après-midi, ces jeunes hommes doivent rester debout, en rang et les bras levés par un froid glacial. Puis un premier homme est emmené par un garde vers la maison Bertrand (maison qui a été incendiée en septembre lors de précédentes représailles). Un coup de feu retentit puis un deuxième homme est emmené et le scénario se renouvelle avec les autres. Quand vient le tour de Léon Praile, celui-ci frappe violemment le garde et s'enfuit en courant à travers champs dans la pénombre du jour qui tombe. Il entend siffler les balles autour de lui et parvient jusqu'aux bois où il se cache un certain temps avant de trouver refuge dans un fenil de la ferme de son oncle. Il s'y cache jusqu'au 11 janvier, date à laquelle les Britanniques entrent dans Bande. Léon Praile indiquera le lieu où le massacre fut commis. Aux 32 fusillés du 24 décembre se rajoutèrent les corps des frères Malempré de Roy le lundi 25 portant le nombre de victimes à 34.
Les 23, 24 et 25 décembre, la ville de Malmedy est bombardée, par erreur, par des avions alliés. Il y a plusieurs centaines de tués parmi la population belge et les militaires américains.
tank et soldats de la 82e Airborne avançant sur la Belgique
 

Du 26 au 31 décembre 1944

Chaque jour l'aviation alliée fait des milliers de sorties. Le 26, Saint-Vith considéré comme un objectif capital est complètement détruit. Les sorties allemandes sont de moins en moins nombreuses ; elles dépassent rarement quelques centaines.

Sur le bord nord du saillant

Dix divisions alliées sont en ligne et deux en réserve. Le XXXe Corps britannique peut intervenir à bref délai et la 6e Div Abn UK est arrivée à Dinant.
À Bastogne,
Les ravitaillements par air continuent. Plusieurs planeurs atterrissent dont un amenant une équipe de chirurgiens.
Le 26 à 16h45, l'avant-garde de la 4e Div Bl US parvient à réaliser la jonction. Le couloir est extrêmement étroit et les combats seront âpres pour l'élargir.
Le 27, un convoi d'ambulances peut évacuer des blessés. Le général Taylor a rejoint sa division. Après avoir remercié et félicité MacAuliffe, il reprend le commandement.
Les jours suivants, munitions, équipements chauds, cigarettes et même, avec un peu de retard, dindes de Noël arrivent à Bastogne.

             La 2e Pz Div, encerclée par la 2e Div Bl US, laisse 1 500 prisonniers et de nombreux véhicules.

Soldats de la 101e Airborne sur la route qui méne à Bastogne

 

À l'OKW,

Le 28, Hitler finit par admettre qu'Anvers ne peut être atteint et change la mission : détruire les forces alliées dans les Ardennes.
Le 30, la 5e armée de von Manteuffel lance une attaque importante pour essayer de couper le corridor vers Bastogne.
 

Janvier 1945

Le 1er janvier, la Luftwaffe exécute une riposte bien conçue et exécutée par surprise; il s'agit de l'opération Bodenplatte. Volant en rase-mottes, l'aviation allemande attaque une trentaine de bases alliées. Selon certaines sources, 800 avions sont détruits ou endommagés ; 300 selon d'autres, mais pour ne pas inquiéter la population, les services d'information alliés ont minimisé les faits. La Luftwaffe perd toutefois dans ce raid 277 avions et beaucoup de ses derniers pilotes chevronnés. Elle n'est plus en mesure de combler ses pertes et de jouer un rôle dans la fin de la guerre. Les Alliés qui n'ont presque pas perdu de pilotes dans cette opération remplacent les avions perdus en deux semaines.
Le même jour, profitant du déforcement du groupe d'armées Devers, les Allemands lancent une attaque de diversion en Alsace, sans aucune répercussion en Ardennes.
En ce mois de janvier 1945, les conditions atmosphériques sont épouvantables. Dans les Ardennes, il y a beaucoup de neige et la température est tellement basse qu'il faut faire tourner régulièrement tous les moteurs pour que l'huile ne gèle pas. C'est dans ces conditions que démarre le 3 janvier la contre-attaque de Montgomery. En fait, il s'agit de l'attaque du VIIe corps US du général Collins qui a été relevé sur ses positions par le XXXe Corps britannique. Elle démarre de la région de Hotton en direction de Houffalize. Elle sera appuyée sur sa droite, à partir du 6 janvier, par des unités britanniques (Welsh Div et la 6e Abn Div). La jonction avec la contre-attaque de Patton qui a commencé 12 jours plus tôt est prévue dans la région d'Houffalize. Les opérations sont lentes car les journées sont courtes et les Allemands se sont bien retranchés derrière des canons antichars et de nombreux champs de mines. La jonction a lieu le 16 janvier. À la même date, le XXXe Corps britannique retourne vers le front de Hollande.
Le 17 janvier, la 1re armée US est replacée sous le commandement de Bradley mais la 9e reste sous celui de Montgomery.
Le Commandement suprême allemand (OKW) ordonne le repli car, après trois mois d'arrêt, les Soviétiques ont repris l'offensive. Constatant l'échec définitif de cette offensive, Hitler rentre par train à Berlin le 15 janvier.
Le 24 janvier, Saint-Vith est repris et le 30, les Allemands sont rejetés au-delà de leur ligne de départ.

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